Mardi, 13 Novembre, 2018

Un corps retrouvé sous les décombres — Immeubles effondrés

Ces deux immeubles étaient très vétustes et ont été signalés comme prioritaires dans un plan-guide de rénovation du quartier Ces deux immeubles étaient très vétustes et ont été signalés comme prioritaires dans un plan-guide de rénovation du quartier
Manon Joubert | 07 Novembre, 2018, 00:41

Éclairés par d'imposants spots lumineux, les marins-pompiers ont poursuivi toute la nuit les recherches dans les gravats, un amas d'une profondeur de 15 mètres. "Une corniche de ce bâtiment est fragilisée", abonde notre source policière. Un troisième immeuble s'est en effet effondré en fin d'après-midi, écrasant les gravats du matin. Selon les marins-pompiers, un troisième immeuble mitoyen menaçait aussi de s'effondrer. Deux passants ont été légèrement blessés lors du drame, mais ont été pris en charge par les secours. Près de 100 marins-pompiers et 33 véhicules ont été déployés dans cette rue commerçante du quartier populaire de Noailles, à deux pas du Vieux-Port et de la Canebière.

"Nous sommes sur une opération très délicate, il y a beaucoup de gravats sur la voie publique, notamment des voitures qui ont été ensevelies", a renchéri le préfet de région Pierre Dartout. "On a ensuite cinq habitants de cet immeuble qui ne répondent pas aux différents appels et peut-être trois personnes qui auraient été invitées sur le site et dont nous sommes sans nouvelles", a dit Christophe Castaner. "Il y a une course contre la montre qui s'opère". Mais " on doit voir s'il y a des gens sous les décombres du 65 rue d'Aubagne ", a-t-il ajouté.

"Ce qui compte c'est qu'on trouve le moins de morts possible, mais nous pensons qu'il y en aura", avait prévenu dans l'après-midi le maire LR de Marseille, Jean-Claude Gaudin. Des témoignages qui n'ont pas, à ce stade, été corroborés. L'un des deux immeubles effondrés, qui appartenait au bailleur social Marseille Habitat, était "fermé et muré", selon le maire, suite à un arrêté de péril. Dans la nuit, 10% des débris ont été évacués, principalement sur le trottoir. Au numéro 65, neuf appartements sur dix étaient en revanche habités, au-dessus d'un commerce vacant au rez-de-chaussée. En copropriété, il avait fait l'objet le 18 octobre "d'une expertise des services compétents qui avait donné lieu à la réalisation de travaux de confortement permettant la réintégration des occupants ", selon la mairie.

"J'habite juste à côté, je regardais la télé quand j'ai entendu un grand bruit, mais pas d'explosion, puis un nuage de fumée", a abondé Antonio Dias, 30 ans.

Un accident lié "aux fortes pluies "?

Plusieurs représentants de l'opposition font, eux, le lien avec l'ampleur du problème du logement indigne à Marseille, notamment dans le centre.

Sur Twitter, Samia Ghali, sénatrice socialiste du Nord de Marseille, a exprimé son soutien aux pompiers, et taclé la municipalité: "Derrière la carte postale idyllique on mesure une fois de trop les échecs de la politique de l'habitat et du centre ville".

Le député LFI des Bouches-du-Rhône, Jean-Luc Mélenchon, a dénoncé une négligence. En visite à Pont-à-Mousson (Meurthe-et-Moselle), le président de la République, Emmanuel Macron a fait part dans la soirée de "l'affection et la solidarité de la nation toute entière".

Un rapport sur la qualification du parc immobilier de Marseille, réalisé en mars 2015 à la demande de la ministre du Logement de l'époque Sylvia Pinel, faisait état de 42'000 logements présentant un risque pour la santé et la sécurité des habitants.