Mardi, 13 Novembre, 2018

"Laboratoire de décolonisation" du XXIe siècle — Nouvelle-Calédonie

Dans le quartier de Tindu à Nouméa. Un membre du Secours catholique qui intervient régulièrement dans le quartier pour apporter notamment de l’aide administrative dans la recherche d’emploi parle avec des résidents Nouvelle-Calédonie : le "non" à l’indépendance en tête selon des premiers résultats
Manon Joubert | 05 Novembre, 2018, 10:49

La participation a été massive, avec 80,63 % de votants, a indiqué le Haut-Commissariat.

Dans une allocation télévisée, Emmanuel Macron a exprimé son "immense fierté que nous ayons passé ensemble cette étape historique".

Les résultats du vote, "c'est pour nous une marque de confiance dans la République française, dans son avenir et dans ses valeurs", a-t-il mis en valeur.

Dimanche, le référendum sur l'indépendance de la Nouvelle-Calédonie atteignait un taux de participation de 73,68% à 17 heures.

"Je veux dire la fierté pour le chef de l'État que la majorité des Calédoniens aient choisi la France".

Plusieurs voitures ont été brûlées et deux "faits de caillassages" ont été signalés en marge du dépouillement du scrutin, a-t-on appris auprès du Haut-commissariat. Le Premier ministre Édouard Philippe est attendu sur place lundi. ", 56.4% d'électeurs ont voté " non ", et 43.6% " oui ".

De nombreuses procurations faites par des Calédoniens de métropole ne sont pas arrivées à temps, a déploré Sonia Lagarde maire de Nouméa, confrontée à d'incessantes réclamations à ce sujet toute la journée. "Il convient également, en responsabilité, de demeurer fidèle à l'esprit et à la lettre des accords de Matignon et de Noumea, traduits dans la loi organique, pensés pour laisser ouverte la perspective historique de l'indépendance au lendemain de ce premier référendum".

"Mon choix est un choix pour la France, pour les garanties qu'elle apporte. C'est l'assurance, la sécurité", expliquait Patrick Levenchaud, fonctionnaire de 54 ans, dans le bureau de vote de l'école Candide-Koch à Nouméa.

Fort de ce résultat supérieur à leurs attentes, les indépendantistes ont réaffirmé leur volonté de demander l'organisation de deux autres référendum dans les quatre ans à venir, comme prévu par l'accord de Nouméa (1998).

Les trois partis loyalistes, très divisés, défendent le maintien dans la France.

Une partie de la jeunesse kanak, marginalisée, a sombré dans la délinquance. Mais rien ne dit que certains pro-français n'iront pas fêter ostensiblement leur victoire annoncée.