Mardi, 13 Novembre, 2018

Exercice Trident Juncture: la Russie s'en mêle, l'Otan dédramatise

Un hélicoptère américain de la Navy lors des manoeuvres Trident Juncture 18 de l'Otan au large de la Norvège. Près de Trondheim le 29 octobre 2018 La Russie répond aux manœuvres de l'Otan par des tests de missiles
Manon Joubert | 02 Novembre, 2018, 09:25

Aux portes de la Russie, l'organisation du traité de l'Atlantique Nord mène actuellement sa plus grande manœuvre militaire depuis la Guerre froide. 50 000 soldats, 65 navires et 250 aéronefs réunis. "Malgré des tentatives assez maladroites de la part des représentants de l'Alliance et des Etats-membres visant à présenter cette activité militaire comme défensive, il est évident que cette démonstration de force est de nature clairement antirusse", s'est insurgée la diplomatie russe.

"Nous allons évidemment suivre de près ce que fait la Russie, mais les forces russes opèrent dans les eaux internationales, et elles nous ont notifié par les canaux habituels", a indiqué M. Stoltenberg.

"Je suppose que la Russie saura se comporter de manière professionnelle, et cela ne changera rien au programme de notre exercice", a-t-il déclaré.

Le patron de l'Otan a cependant cherché à dédramatiser la situation.

Selon la presse norvégienne, Avinor, l'entreprise chargée d'opérer les aéroports norvégiens, a été informée par les autorités aéronautiques russes d'un test de missile qui doit avoir lieu entre le 1er et le 3 novembre.

La zone concernée et les dates chevauchent largement celles de Trident Juncture, qui se déroule du 25 octobre au 7 novembre.

Le secrétaire général de l'Otan, Jens Stoltenberg, a déploré que la Russie n'ait pas répondu aux préoccupations exprimées par l'Otan sur son nouveau système de missiles 9M729 ou SSC-8, ajoute le communiqué.

La Norvège joue elle aussi la carte de l'apaisement.

Mais les spécialistes des relations internationales l'entendent d'une autre oreille. "Nous ne voulons pas d'une nouvelle course à l'armement, nous ne voulons pas d'une nouvelle guerre froide", précise le responsable norvégien. Pour le secrétaire général de l'Otan il ne faut y voir aucun lien avec les tensions concernant la Russie.

Si elle s'offusque, la Russie étale également sa puissance militaire.

"Aujourd'hui, et en particulier depuis 2014, le Kremlin est obnubilé par ce qu'il appelle +l'encerclement+ de la Russie, à savoir que l'Otan s'approche de plus en plus des frontières russes, ce qui est perçu comme offensif", explique Mme Wilhelmsen.

"Le Kremlin fait son possible pour prouver aux pays nordiques que la menace russe n'est pas une vue de l'esprit occidentale", a-t-il estimé sur Twitter.