Mardi, 13 Novembre, 2018

40 millions de carnets de santé numériques d'ici à 5 ans — Santé

Une première phase de développement conduite dans neuf départements a déjà permis de créer 550 000 DMP en 18 mois entre décembre 2016 et mai 2018 Le DMP, un pas de plus vers la e-santé
Marie-Paule Arceneaux | 08 Novembre, 2018, 09:41

Pour renverser la tendance, l'Assurance maladie pourrait négocier avec eux des mécanismes d'incitation financière, comme elle l'a déjà fait avec les pharmaciens, qui toucheront un euro par DMP ouvert.

Éviter ce type d'incident, mais aussi les interactions médicamenteuses dangereuses ou les actes redondants et inutiles est la vocation du DMP, également censé favoriser la coopération entre les professionnels de santé, en particulier pour le suivi des malades chroniques, des personnes âgées et des femmes enceintes.

Son ergonomie, qui, de l'aveu de Nicolas Revel n'est pas encore optimale, a été grandement améliorée.

Dans de nombreux centres hospitaliers, le système informatique, compatible avec le logiciel du DMP, permet de repérer les patients disposant du carnet de santé numérique.

Mais à l'instar des expériences précédentes, beaucoup d'obstacles sont à signaler. Les médecins seront les plus difficiles à faire bouger.

Parce qu'on n'a pas envie que ses données confidentielles soient visibles par n'importe qui, l'Assurance Maladie a particulièrement veillé à ce que la sécurité soit maximale.

Mais les médecins généralistes joueront-ils le jeu en alimentant ces dossiers?

Le vrai tournant a sans doute été amorcé quand, sous l'impulsion de Marisol Touraine, le pilotage du dispositif a été confié en 2016 à l'assurance-maladie.

Exit le vieux carnet de santé, le dossier médical partagé (DMP) est désormais accessible à tous. C'est encore lui qui détermine quels professionnels peuvent avoir accès à ses données personnelles. D'autant plus, certaines associations estiment que la confidentialité des données de santé n'y est pas garantie. Baptisé DMP ou Dossier médical partagé, il sert à conserver et sécuriser les informations de santé utiles telles que les traitements médicaux et les résultats d'analyses.

L'assuré seul a le contrôle sur son dossier: il peut ainsi ajouter ou masquer un document, décider de sa fermeture, etc. C'est simple et gratuit: vous vous munissez de votre carte vitale et d'une adresse mail et en deux clics, c'est fait. Ni l'administration (y compris l'Assurance maladie), ni les mutuelles, ni aucun opérateur privé n'a le droit d'y avoir accès, ni d'en demander une copie.

L'intérêt du DMP? Assurer une meilleure coordination entre les professionnels de santé et ainsi, une meilleure prise en charge.

Les DMP sont conservés "par un hébergeur de données de santé ayant reçu un agrément du ministère en charge de la Santé " et "les données qui y sont stockées sont cryptées, à partir d'une clé propre à chaque assuré".

Tel un serpent de mer, le thème du carnet de santé numérique revient à la surface.

Ainsi, dès cette semaine, elle lance une campagne sur tous les supports, intitulée "DMP. La mémoire de votre santé", elle évoque les deux pricipaux bénéfices du nouveau dispositif.

En outre, la CNAM a présenté un calendrier ambitieux de développement.

Appelé à évoluer, le DMP intègrera "dès avril 2019" un espace "réservé aux directives anticipées" (souhaits concernant la fin de vie).

Reste que, comme le veulent les propos prêtés tantôt à Lénine, Churchill ou Clémenceau: "là où il y a une volonté, il y a un chemin "... Les mois à venir nous le diront.