Mercredi, 14 Novembre, 2018

Tariq Ramadan a tenté de convaincre les juges

Mis en examen pour viols et incarcéré le 2 février Tariq Ramadan est actuellement détenu à l'hôpital pénitentiaire
Max Fresnel | 23 Octobre, 2018, 02:40

C'est sa nouvelle ligne de défense: après avoir longtemps nié tout rapport physique avec deux des femmes qui l'accusent de viol - Henda Ayari et Christelle* -, Tariq Ramadan a finalement raconté, dans le bureau des juges d'instruction lundi, avoir eu des relations sexuelles "consenties" avec elles.

Des éléments versés au dossier récemment "démontrent que les parties civiles ont menti et que les relations sexuelles ont été parfaitement souhaitées, consenties et même par la suite de nouveau recherchées", a ajouté Me Emmanuel Marsigny. "J'ai senti ta gêne. désolé pour ma violence ", reconnaissait-il au lendemain de leur rencontre. Son avocat a annoncé avoir déposé une quatrième demande de remise en liberté, les trois précédentes ayant échoué. "Tu n'as pas aimé.je suis désolé", écrivait-il après dans l'un de ses 255 messages. Au total, les magistrats ont eu accès à plus de 399 SMS échangés entre le 31 août et le 15 décembre 2009, entre lui et "Christelle", qui l'accuse de l'avoir violée.

"Christelle" a dénoncé un viol commis lors de leur unique rencontre le 9 octobre 2009 à Lyon, après neuf mois de relation à distance. Il avait jusque-là nié tout rapport physique avec ces femmes.

En prévision de leur rendez-vous, Tariq Ramadan y détaillait par avance ses fantasmes sexuels violents et dominateurs, qui concordent avec la description initiale des faits par "Christelle": gifles, coups de poing, cheveux tirés, humiliations. Confrontée à elle le 18 septembre dernier, il avait uniquement reconnu "un jeu de séduction" par téléphone et Internet, et admettait avoir simplement bu un verre dans un hôtel avec elle qu'il qualifie de "mythomane". "À l'inverse, l'avocat de " Christelle " avait salué " un tournant majeur ".

Un an après la première plainte contre lui, au début du mouvement #MeToo, les quelque 399 SMS exhumés d'un vieux téléphone de la deuxième plaignante sont désormais au coeur de l'enquête sur l'intellectuel musulman, incarcéré depuis sa mise en examen le 2 février pour viol sur deux femmes.

Dans un de ces messages non datés, "Christelle" écrit "tu m'as manqué dès que j'ai passé la porte" et dans un autre "si je passais un mauvais moment je serais partie".

Selon l'avocat, les accusatrices mentent et ont consenti leurs relations avec Tariq Ramadan, ce que les récents SMS retrouvés dans le portable de la seconde plaignante prouvent à ses yeux.

Il avait aussi admis des relations avec une troisième plaignante apparue en mars et pour laquelle il n'est pas mis en examen à ce jour.