Lundi, 22 Octobre, 2018

Présidentielle au Brésil : l'extrême droite en tête au premier tour

Election présidentielle au Brésil: mais comment le géant sud-américain est-il passé du statut d’espoir de l’économie mondiale à son marasme actuel Crédit DOUGLAS MAGNO AFP
Manon Joubert | 10 Octobre, 2018, 02:23

Pour nombre d'entre eux, le candidat de l'extrême droite, Jair Bolsonaro, 63 ans, est apparu comme l'homme de la situation. Mais cela n'a en rien entamé son vote, Jair Bolsonaro caracole en tête des sondages avec près de 40 % d'intentions de vote. Un raz de marée indéniable Toujours est-il que le raz de marée " bolsonarista " est indéniable: le Parti Social Libéral (PSL), qui n'avait fait élire, en 2014, qu'un seul député fédéral, déboulera à la Chambre des députés, le 1 janvier, début de la prochaine législature, avec 52 députés fédéraux, s'imposant comme la deuxième force politique de la Chambre, juste derrière le PT et ses 56 députés.

Il se retrouvera le 28 octobre face au successeur de l'ex-président incarcéré Luiz Inacio Lula da Silva, Fernando Haddad (29%), du Parti des travailleurs (PT, gauche), dans un duel tendu et symptomatique de l'extrême polarisation que cette campagne a mise au jour.

Pour l'un de ses premiers déplacements, Fernando Haddad a choisi de se rendre lundi dans la ville de Curitiba, dans le sud du pays, où il a rencontré Lula dans sa cellule.

"Ca va se terminer aujourd'hui", a-t-il assuré devant des journalistes.

Le candidat de centre-gauche, Ciro Gomes, est arrivé troisième avec 12,5% des voix. Seul le Parti des travailleurs ferait mieux, avec 57 députés. La gauche radicale (PSOL) double le nombre de ses représentants nationaux, passant de 5 à 11.

La cheffe de la mission d'observation électorale de l'Organisation des Etats Américains (OEA), Laura Chinchilla, a admis lundi avoir enregistré certaines irrégularités lors du premier tour de scrutin la veille, mais "aucune donnée sérieuse suggérant des irrégularités d'une échelle pouvant altérer le résultat du scrutin". Exemple emblématique: Wilson Witzel, soutenu par Bolsonaro dans la dernière ligne droite de la campagne, en passe de devenir gouverneur de Rio de Janeiro.

L'ancien parachutiste de l'armée a été hospitalisé trois semaines et a présenté un certificat pour justifier son absence au dernier débat, jeudi dernier, mais a concédé une longue entrevue sur une autre chaîne, qui l'a diffusée à la même heure.

Lundi soir, les deux finalistes du second tour ont accordé de courts entretiens, en direct mais à distance, au journal télévisé de TV Globo, la plus importante chaîne du pays. Geraldo Alckmin du PSDB (droite) n'a obtenu que 4,9% des voix. Les milieux d'affaires et la Bourse (séduits par les privatisations à tout va et le système de retraites prônés par Paulo Guedes) sont eux plutôt satisfaits de la victoire annoncée du candidat d'extrême droite. Avant que ne tombent les résultats définitifs, Bolsonaro a évoqué des "problèmes avec les urnes électroniques".

Le duel du 28 octobre pour succéder au très impopulaire Michel Temer s'annonce particulièrement imprévisible, et les électeurs du centre feront l'objet de toutes les convoitises.