Lundi, 15 Octobre, 2018

Pourquoi le centre Zahra a-t-il été ciblé par les autorités — Terrorisme

Edition numérique des abonnés Opération antiterroriste visant une association religieuse à Grande-Synthe: 3 personnes en garde à vue
Manon Joubert | 03 Octobre, 2018, 02:36

Les fonds de l'association "Centre Zahra France" visée par des perquisitions à Grande-Synthe (Nord) dans le cadre de la prévention du terrorisme ont été gelés pour une durée de six mois, selon le Journal Officiel publié mardi.

Le centre Zahra héberge également plusieurs associations parmi lesquelles la Fédération chiite de France ou France Marianne Télé.

Une opération antiterroriste visant le siège de l'association chiite "Centre Zahra France" et les domiciles de ses principaux dirigeants, a eu lieu dans le nord de la France, ce mardi 2 octobre 2018.

Dans la matinée, le quartier où est installé le siège du Centre Zarah France était totalement bouclé, ont constaté des journalistes de l'AFP. Les trois personnes ont été placées en garde à vue notamment pour détention illégale d'arme à feu. Leurs domiciles ont été perquisitionnés, selon une source proche du dossier.

Les activités de l'association sont suivies par les enquêteurs en raison d'un soutien marqué par ses dirigeants à des organisations terroristes, comme le Hamas et le Hezbollah.

D'autre part, 11 personnes ont été interpellées dans le cadre de cette opération à Grande-Synthe ainsi que des "visites domiciliaires", des perquisitions administratives sollicitées par le préfet du Nord.

Selon des infos sur son page Facebook, l'association "Centre Zahra France" est fondée en novembre 2009.

Sur son site internet, le Centre Zahra France affiche son objectif de faire "connaître le message de l'islam à travers le regard du prophète et de sa famille".

Jamel Tahiri a dit qu'il donnait dans le centre "des cours de religion et d'éducation", ajoutant que l'association " le Hezbollah.

L'association a plus de 8 500 abonnés sur Facebook et sur YouTube.

"Dans une enquête publiée en février 2009, " L'express " soulignait que le Centre Zahra France avait notamment accueilli en 2008 des antisémites et des négationnistes déclarés comme Dieudonné, Mohamed Latrèche (Parti des musulmans de France) ou encore Kémi Séba, un extrémiste noir dont le premier mouvement (la Tribu Ka) avait été dissous en 2006 pour " incitation à la haine raciale " et " antisémitisme ". L'association est soupçonnée de liens avec des organisations terroristes.

Selon la mairie, ce centre ne participe "ni de près ni de loin" à l'aide aux migrants et aux réunions régulières entre associations et élus. "C'est une communauté très fermée, on ne sait pas trop ce qu'il se passe à l'intérieur, il y a souvent des gardes devant l'entrée", a témoigné auprès de l'AFP une riveraine, sous couvert d'anonymat, affirmant aussi que l'association possède "des commerces en centre-ville".