Lundi, 22 Octobre, 2018

Moulay Hicham déplore la disparition d'"un ami cher" — Affaire Jamal Khashoggi

Les pages Opinion du Washington Post de l'édition de vendredi Les pages Opinion du Washington Post de l'édition de vendredi. Capture Washington POst
Manon Joubert | 08 Octobre, 2018, 04:49

La police turque affirme, dimanche 7 octobre, que le journaliste et éditorialiste saoudien Jamal Khashoggi, porté disparu depuis mardi, a été tué à l'intérieur du consulat de son pays, à Istanbul.

Ryad assure que Jamal Khashoggi, un critique du pouvoir de Ryad écrivant notamment pour le Washington Post, a quitté le consulat après y avoir effectué des démarches mardi.

Selon une source au sein des services turcs de sécurité (MIT), citée par l'agence Reuters, un groupe de quinze Saoudiens avait fait un rapide aller-retour entre l'Arabie Saoudite et la Turquie le jour où le journaliste se trouvait dans les locaux consulaires.

Jamal Khashoggi, qui avait pris un rendez-vous, s'y trouvait alors pour effectuer une démarche administrative en vue de son prochain mariage avec une Turque.

Il n'a jamais quitté le consulat, ont affirmé samedi soir des sources policières turques.

Le consulat saoudien a démenti sur son compte Twitter les informations "dénuées de fondement" selon lesquelles le journaliste y aurait été tué. "Je ne suis pas sûr", a déclaré vendredi le prince héritier saoudien dans un entretien à l'agence Bloomberg, invitant les autorités turques à "fouiller" la représentation consulaire si nécessaire. "Nous n'avons rien à cacher".

Khashoggi s'est exilé aux Etats-Unis l'année dernière par crainte d'une arrestation, après avoir critiqué certaines décisions de Mohammed ben Salmane et l'intervention militaire saoudienne au Yémen. Une enquête judiciaire a également été ouverte.

L'ambassadeur saoudien en Turquie a été convoqué par Ankara mercredi au sujet de cette affaire.

Le département d'Etat américain a indiqué n'être "pas en mesure de confirmer" le sort de Jamal Kashoggi. Mais la répression contre les dissidents, avec des arrestations de religieux, de personnalités libérales et aussi de militantes féministes s'est accentuée depuis. Avant la publication des informations évoquant l'éventualité de la mort du journaliste, les organisations de défense des droits de l'homme Human Rights Watch et Amnesty International ont mis en garde la monarchie saoudienne, affirmant que l'éventuelle détention du journaliste constituerait un cas de "disparition forcée".

En septembre 2017, il avait annoncé avoir été interdit de contribution dans le quotidien Al-Hayat, propriété du prince saoudien Khaled ben Sultan al-Saoud.

"J'attends une confirmation officielle du gouvernement turc pour (.) croire" à l'assassinat de Jamal Khashoggi, a réagi sur Twitter la fiancée turque du journaliste, Hatice Cengiz.