Lundi, 22 Octobre, 2018

Les militaires russes derrière des cyberattaques "irresponsables"

LONDRES ACCUSE LA RUSSIE DE PLUSIEURS CYBERATTAQUES MONDIALES LONDRES ACCUSE LA RUSSIE DE PLUSIEURS CYBERATTAQUES MONDIALES
Manon Joubert | 05 Octobre, 2018, 01:53

Une affaire jugée "extrêmement inquiétante" par le gouvernement néerlandais. Il a ajouté que le Royaume-Uni et ses alliés "exposeraient et réagiraient aux tentatives du GRU de saper la stabilité internationale".

Le ministère néerlandais de la Défense a annoncé que les services secrets des Pays-Bas avaient déjoué une cyberattaque contre l'OIAC, prétendument planifiée par quatre ressortissants russes.

Les autorités néerlandaises ont révélé comment les agents russes avaient positionné un véhicule truffé d'équipements électroniques sur le parking d'un hôtel proche du siège de l'OIAC à La Haye dans le but de pirater à distance son système informatique.

En avril dernier, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis ont mis en garde contre une cyberattaque à l'échelle mondiale lancée en 2015 qu'ils ont imputée à des pirates informatiques soutenus par la Russie.

Un ordinateur portable a été retrouvé.

Les Pays-Bas, qui ont bénéficié de la coopération de Londres, ont identifié les présumés agents russes, précisant que l'opération était selon eux coordonnée par le renseignement militaire russe.

A l'époque de l'arrestation des quatre Russes, l'OIAC, enquêtait notamment sur l'attaque de mars à Salisbury, la ville de Grande-Bretagne dans laquelle l'ancien espion Russe Sergeï Skripal et sa fille avaient été empoisonnés au Novichok.

Deux jours plus tard, les agents russes ont garé leur véhicule sur le parking d'un hôtel situé à côté de l'OIAC et pris des photos du bâtiment, a déclaré M. Eichelsheim. Le 11 avril, ils ont loué une Citroën C3 et effectué une reconnaissance de la zone autour de l'OIAC à La Haye, alors qu'ils étaient surveillés en permanence par le renseignement néerlandais. Dans le coffre de la voiture se trouvaient un équipement électronique permettant d'intercepter le réseau wifi de l'OIAC ainsi que les codes de connexion. "Depuis début 2018, l'Organisation a observé une augmentation des activités liées à la cybersécurité", a-t-elle indiqué dans un communiqué.

De leur côté, les Pays-Bas ont expulsé ce jeudi quatre agents russes qui ont tenté, en avril dernier, de pirater le site de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) à la Haye.

Dans ces deux cas, "le gouvernement du Canada estime que le GRU est fort probablement responsable de ces actions".

Londres accuse les services du renseignement militaire russe d'avoir mené une série de cyberattaques afin de semer la discorde dans le monde en déstabilisant les démocraties occidentales.

En 2016 et cette année, les Etats-Unis ont sanctionné plusieurs officiers du GRU, dont son responsable Igor Korobov, pour des tentatives de cyberattaques et avoir cherché à s'ingérer dans l'élection présidentielle de 2016.

"Cette tentative d'accéder au système de sécurisé d'une organisation internationale (l'OIAC, ndlr) œuvrant à débarrasser le monde des armes chimiques démontre que le GRU méprise les valeurs et les règles internationales assurant notre sécurité à tous", ont dénoncé la Première ministre britannique Theresa May et son homologue néerlandais Mark Rutte dans une déclaration commune.

"La Russie doit cesser son comportement irresponsable, incluant l'usage de la force contre ses voisins, des tentatives d'immixtion dans des processus électoraux et des campagnes massives de désinformation", a affirmé le secrétaire général de l'Otan Jens Stoltenberg dans un communiqué.