Lundi, 22 Octobre, 2018

Le remaniement laborieux, une mauvaise séquence pour Macron — France

Emmanuel Macron face à Edouard Philippe lors du conseil des ministres à l'Elysée le 5 septembre Emmanuel Macron face à Edouard Philippe lors du conseil des ministres à l'Elysée le 5 septembre. LUDOVIC MARIN AFP
Manon Joubert | 11 Octobre, 2018, 01:52

Face aux critiques, Emmanuel Macron et Edouard Philippe se sont employés mardi à afficher leur sérénité. "Si le Président décide d'un remaniement ample et profond, c'est d'évidence qu'il faudra que le nouveau gouvernement demande la confiance", affirmait dimanche dans le JDD le président de l'Assemblée nationale Richard Ferrand, prônant l'entame de "l'an II du quinquennat".

"Il faut croire" qu'Emmanuel Macron ne veut pas d'un remaniement d'ampleur, a répondu M. Ferrand sur France Inter. Des divergences existeraient pourtant entre le président et son Premier ministre, principalement sur le nom du futur ministre de l'Intérieur. Les médias français parlent de consultations menées depuis plusieurs jours en vue de remplacer non seulement Gérard Collomb mais aussi d'autres ministres de l'actuel gouvernement, avec un éventuel redécoupage des ministères. "Au fond, ce feuilleton tente de nous détourner de l'essentiel, parce que chacun sait que les Français sont moins intéressés par le casting que par le scénario".

► Quelle sera l'ampleur des changements?

Le retard pris pour présenter la nouvelle équipe - le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux avait indiqué la semaine dernière que la nomination du nouveau "premier flic de France" serait l'histoire de "quelques jours"- a alimenté mardi l'opposition politique qui a fustigé les "hésitations et les tergiversations" de l'exécutif et sa "fébrilité".

Edouard Philippe et Emmanuel Macron, le jour J des annonces?

#Remaniement: "Certaines m'amusent, d'autres me consternent, voire m'affligent".

Le remaniement gouvernemental attendu depuis une semaine concernera plusieurs ministères, a confirmé mercredi 10 octobre l'Élysée.

Avant le départ de Macron pour l'Arménie?

Ce nouveau gouvernement devrait être mis en place avant le départ d'Emmanuel Macron pour l'Arménie, prévu vendredi, où il est attendu pour participer au Sommet de la Francophonie.

C'est donc un intérimaire qui assistera lundi soir au début de la réunion du G6 des ministres européens de l'Intérieur, notamment consacrée à l'immigration, un des sujets ultra-clivants en Europe actuellement, en présence d'une des figures de proue des populistes, l'Italien Matteo Salvini, qui adore s'en prendre à la France.

12h45: Selon Dominique Tenza, journaliste politique chez RTL, "l'Élysée et Matignon ne sont pas prêts.il reste des détails à régler et des arbitrages à faire".

Détenteur du portefeuille de la Cohésion des Territoires, Jacques Mézard pourrait être poussé vers la sortie. Le chef de file des députés MoDem, Marc Fesneau, est cité pour succéder à Stéphane Travert à l'Agriculture. Sur Twitter le président PS de Meurthe-et-Moselle Mathieu Klein a d'ailleurs déclaré avoir refusé un poste.

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"Jusqu'à quand cette mascarade va-t-elle continuer?"

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Michel Rocard a par exemple témoigné qu'en 1988, alors qu'il était chef du gouvernement, il ne put proposer réellement que quelques noms de ministres - quatre ou cinq sur une quarantaine -, les autres lui étant imposés par François Mitterrand. Une passe d'armes y a opposé Edouard Philippe, qui affectait le plus grand calme, au patron du groupe Les Républicains Christian Jacob.

Des surprises ne sont pas exclues, Emmanuel Macron n'aimant pas se laisser forcer la main par les commentateurs, selon un proche.