Lundi, 22 Octobre, 2018

Le président chinois d'Interpol est porté disparu — Lyon

Le président d’Interpol est porté disparu une enquête ouverte en France Hongwei Meng le 4 juillet 2017 au Congrès international d'Interpol
Manon Joubert | 06 Octobre, 2018, 09:50

Hongwei Meng, le président chinois d'Interpol, l'organisation de police dont le siège est Lyon, a disparu. Son mandat devrait se poursuivre jusqu'en 2020.

Dans un bref communiqué, le Secrétariat général d'Interpol s'est refusé à tout commentaire, et renvoyé aux autorités chinoises et françaises, compétentes dans cette affaire.

Hongwei Meng a été élu en novembre 2016 à la tête d'Interpol où il a succédé à la française Mireille Ballestrazz. Durant sa carrière de policier, il a travaillé dans des unités de lutte contre le trafic de drogue, dans l'antiterrorisme et a dirigé les gardes-côtes chinois, selon sa biographie sur le site d'Interpol.

"Il n'a pas disparu en France", a précisé une source proche du dossier.

Depuis, Interpol et sa famille [sa femme et ses deux enfants à Lyon] sont sans nouvelles de lui.

Amnesty International mettait en avant l'utilisation d'Interpol par la Chine "pour arrêter des dissidents et des réfugiés à l'étranger". Une hypothèse également avancée par l'un des principaux quotidiens de Hong-Kong, le South China Morning Post, d'après qui Meng Hongwei aurait été "pris en charge par les autorités chinoises pour être interrogé". Il a été "emmené" par les autorités "dès son atterrissage" la semaine dernière, a déclaré cette source.

Visiblement, cela n'a pas été le cas.

Reste que la disparition soudaine de hauts dignitaires chinois est devenue chose courante sous la présidence de Xi Jinping, qui mène depuis plusieurs années une campagne anti-corruption soupçonnée de masquer une purge politique. Pour l'heure, Paris prend cette disparition très au sérieux et s'interroge. Ou qu'a-t-il pu faire pour que Pékin renonce volontairement et publiquement à conserver un poste de premier plan au sein d'Interpol? Interpol compte aujourd'hui 192 pays et permet aux polices des États membres de favoriser la coopération en partageant des informations.

L'organisation est connue pour sa diffusion des "notices rouges", présentées souvent - à tort - comme des mandats d'arrêt internationaux: elles informent en réalité les pays membres d'Interpol de la délivrance d'un mandat d'arrêt par l'autorité judiciaire de l'un d'eux, sans obligation d'arrestation ni d'extradition.