Mercredi, 14 Novembre, 2018

Le négationniste Robert Faurisson est mort à Vichy à 89 ans

Le négationniste Robert Faurisson est mort Décès du négationniste français Robert Faurisson
Max Fresnel | 23 Octobre, 2018, 00:10

Son éditeur Akribeia a également confirmé son décès à l'AFP.

Selon Serge Klarsfeld, Robert Faurisson a paradoxalement rendu service à ceux qui entretiennent la mémoire de la Shoah. En décembre 2008, ce dernier va inviter Robert Faurisson sur la scène du Zénith de Paris pour lui remettre un prix "d'infréquentabilité" par une personne déguisée en déporté juif, déclenchant une polémique considérable et ramenant à l'ancien professeur d'université en littérature un nouveau public.

Comme le rappelle PHDN, Robert Faurisson " avait construit sa notoriété sur la négation de la réalité du génocide des Juifs, par des mensonges, des falsifications et l'ignorance totale du corpus documentaire sur l'extermination des Juifs ". "Le résultat du négationnisme, c'est qu'il y a des dizaines de centres sur la Shoah à travers le monde (.), où des centaines de millions de documents sont rassemblés", a développé Serge Klarsfled, évoquant les nombreuses thèses ou encore les milliers de publications sur le sujet.

Qualifié de "faussaire de l'histoire" par Robert Badinter et de "menteur professionnel" par l'historienne Valérie Igounet, qui lui a consacré un livre en 2012 (1), Faurisson avait été professeur de lettres à la faculté de Lyon. En 1978, l'un de ses cours s'intitulait "Le journal d'Anne Frank est-il authentique?" Agrégé de lettres, il exerce d'abord dans le secondaire où il a la réputation d'être un enseignant brillant mais aussi caractériel et violent. Celui qui se veut "le maître à penser du négationnisme mondial", commence alors à diffuser ses idées dans les cercles universitaires puis dans les médias. Il se penche sur l'histoire de la Shoah dès les années 60. "L'inexistence des "chambres à gaz" est une bonne nouvelle pour la pauvre humanité", écrivait alors Faurisson, dans sa tribune aux accents pseudo-scientifiques et titrée "Le problème des chambres à gaz ou la rumeur d'Auschwitz".

Il se proclame anti-sioniste: une position qui lui vaudra le soutien de l'Iran, où il devient une figure intellectuelle.

Cette consécration le rapprochera également de Dieudonné, condamné à maintes reprises pour insultes et incitation à la haine.

" L'apparition de Faurisson au Zénith coïncide avec le renouveau de l'antisémitisme arabe et un contexte tendu autour d'Israël", explique l'historienne Valérie Igounet.