Lundi, 15 Octobre, 2018

Gouvernement. Gérard Collomb veut toujours démissionner

France – Emmanuel macron refuse la démission de son ministre de l’Intérieur Gérard Collomb a présenté sa démission à Emmanuel Macron, qui l'a refusée
Manon Joubert | 03 Octobre, 2018, 01:10

"Je vais retrouver Lyon avec un immense plaisir", confie Gérard Collomb dans son interview au Progrès, ajoutant que "Paris est beaucoup plus minérale, moins variée architecturalement".

Lundi soir, le "premier flic de France" avait annoncé au Figaro avoir remis sa démission au chef de l'Etat et le refus de ce dernier.

La situation est quelque peu surréaliste. Le départ du ministre de l'Intérieur sonne comme un coup de tonnerre pour l'exécutif.

Il poursuit: "Ministre de l'Intérieur, ce n'est pas rien, ministre de l'Intérieur, ça tient toute la sécurité, ça doit avoir une autorité (...) S'il a envie de retourner à sa ville de Lyon, c'est peut-être qu'il se sent mal à l'aise dans le gouvernement actuel et c'est un indice très fort (.), ça montre la faiblesse de ce gouvernement". Gérard Collomb s'est ainsi montré imprécis, voire mal informé, lors de son audition devant la commission d'enquête de l'Assemblée nationale sur l'affaire Benalla.

"Le président conserve toute son amitié à l'égard de Gérard Collomb", a-t-on déclaré dans l'entourage d'Emmanuel Macron.

L'homme qui avait la larme à l'œil le jour de l'intronisation d'Emmanuel Macron à l'Élysée est celui qui, désormais, ne se prive pas de le critiquer. Refusée lundi, selon le récit donné par l'Élysée, où l'on rappelle l'article 8 de la Constitution selon lequel "le président de la République (.) nomme les membres du gouvernement et met fin à leurs fonctions". Quelques minutes avant la publication de l'entretien, Edouard Philippe avait répliqué aux piques de l'opposition sur un ministre de l'Intérieur "déjà à l'extérieur du gouvernement", en balayant une "petite polémique".

Soutien de la première heure d'Emmanuel Macron, Gérard Collomb apparaît depuis deux semaines comme une épine dans le pied pour un exécutif en pleine opération reconquête à huit mois des élections européennes.

Selon une source proche du dossier, le maire de Lyon Georges Képénékian, qui avait succédé à ce poste à Gérard Collomb après son entrée au gouvernement en 2017 et a confirmé qu'il lui rendrait les clefs dans une interview au Figaro publiée mardi, a envoyé sa lettre de démission au préfet du Rhône mardi soir.