Lundi, 22 Octobre, 2018

France: Le renseignement iranien a commandité le projet d'attentat de Villepinte

Le ministère du renseignement iranien a commandité le projet d'attentat de Villepinte selon une source diplomatique Le gouvernement iranien dément les accusations de Paris. Image d'illustration@ MAHMOUD ZAYYAT AFP
Manon Joubert | 04 Octobre, 2018, 01:43

"Cet acte d'une extrême gravité envisagé sur notre territoire ne pouvait rester sans réponse ", ont indiqué dans un communiqué commun les ministres français de l'Intérieur, des Affaires étrangères ainsi que de l'Economie et des Finances.

"La direction des opérations du ministère du Renseignement l'a commandité", a déclaré cette source sous couvert d'anonymat, quelques heures après l'annonce du gel des avoirs en France de la Direction de la Sécurité intérieure du ministère du Renseignement iranien, ainsi que de deux autres citoyens iraniens.

Assadollah Assadi, 46 ans, est un diplomate iranien interpellé en Allemagne, soupçonné d'être impliqué dans le projet d'attentat à Villepinte contre un rassemblement d'un groupe d'opposition iranienne en France, les Moudjahidine du peuple (MEK).

Au mois de juillet dernier, un " attentat terroriste " organisé contre un rassemblement de l'opposition iranienne à Villepinte près de Paris avait déjà été déjoué à la suite de l'arrestation d'un couple d'origine iranienne à Bruxelles. L'extradition de M.Assadi vers la Belgique a été autorisée lundi par un tribunal allemand.

"Une fois encore, nous démentons avec véhémence ces accusations, nous condamnons l'arrestation de ce diplomate et nous appelons à sa libération immédiate", a réagi un porte-parole des Affaires étrangères iranien Bahram Ghassemi. "Nous appelons les autorités françaises à faire preuve de réalisme vis-à-vis de l'Iran et nous mettons une fois encore en garde contre les mains des ennemis qui cherchent à saboter les relations de longue date entre l'Iran et la France et d'autres pays européens importants", ajoute le texte.

Selon une note révélée fin août par Reuters, la France a par ailleurs recommandé à ses diplomates et représentants de reporter tout voyage en Iran en raison de risques sécuritaires et d'un "durcissement" des autorités iraniennes après le projet d'attentat déjoué de Villepinte.

Dans l'attente d'éclaircissements de la part de la République islamique, la nomination d'un ambassadeur de France à Téhéran - pour remplacer François Sénémaud nommé en juin représentant personnel d'Emmanuel Macron pour la Syrie - a quant à elle été mise en suspens.

Les éléments "factuels" promis par les autorités iraniennes n'ont pas "été transmis" au président français lors de cet entretien, avait fait savoir l'Elysée. "Nous voulons pressions et négociations et pas pressions et confrontations".

"Une tentative d'attentat a été déjouée à Villepinte le 30 juin dernier".

Une opération policière a visé mardi le centre Zahra, une association chiite proche d'intérêts iraniens à Grande-Synthe (Pas-de-Calais).