Mardi, 13 Novembre, 2018

Et maintenant — Budget italien

Le Premier ministre italien Giuseppe Conte à Bruxelles le 18 octobre 2018Plus Le Premier ministre italien Giuseppe Conte à Bruxelles le 18 octobre 2018Plus
Manon Joubert | 27 Octobre, 2018, 05:59

A titre de comparaison, le gouvernement de centre gauche au pouvoir avant les élections de 2018 avait annoncé lui un budget avec un déficit de seulement 0,8%. Mais en dépit de ces critiques, le gouvernement italien avait maintenu lundi ses prévisions. Mais c'est surtout sa dette publique qui représente 131% du PIB qui inquiète Bruxelles: c'est le ratio le plus élevé de la zone euro après la Grèce.

Rome y assurait également que le pays se tiendra à ses engagements, c'est à dire que la dette italienne (actuellement de 130% du PIB) et le déficit prévu pour 2019 (2,4%) ne seraient pas dépassés.

La Commission européenne a décelé dans le projet de plan budgétaire présenté par l'Italie pour l'année 2019 un " manquement particulièrement grave à la recommandation budgétaire adressée à ce pays par le Conseil le 13 juillet 2018 ".

En outre, l'exécutif européen avait demandé à l'Italie un "effort structurel" (c'est-à-dire une réduction de taux de croissance des dépenses, qui peut passer par exemple par des réformes du marché du travail ou du régime des retraites) de 0,6% du PIB en 2019.

Depuis plusieurs jours l'Italie et son budget sont au cœur de l'actualité. Et ce, à un moment où une conjoncture propice devrait, selon Bruxelles, être mise à profit par Rome pour réduire sa dette.

Les échanges entre Rome et Bruxelles risquent d'être musclés dans les prochaines semaines. Lors d'une conférence de presse mardi après-midi à Strasbourg, le commissaire européen aux Affaires économiques, Pierre Moscovici, va demander à l'Italie " de réviser son budget", qui sort largement des clous européens, a déclaré cette source à l'Agence France-Presse.

Une fois reçu par Bruxelles, le nouveau texte sera analysé et une nouvelle opinion, reflétant les éventuels changements, sera émise avant le 30 novembre. La réponse d'hier du ministre de l'économie et des finances italien Giovanni Tria, qui tentait tant bien que mal de justifier le dépassement et se terminait par l'affirmation que " la place de l'Italie est en Europe et dans la zone euro ", laisse supposer que le dialogue n'est pas rompu et que les tractations vont s'intensifier sans que l'on sache ce que les deux extrêmes vont pouvoir lâcher pour rester dans le bateau européen et la monnaie commune. Les ministres doivent donner un avis par consensus.

"Je croyais qu'il s'agissait d'un agent du Parlement, qui récupérait mes notes, a expliqué Pierre Moscovici, lui aussi sur Twitter".

De fait, tous les mauvais élèves ont jusqu'ici échappé à des sanctions au grand dam des chantres de la discipline budgétaire que sont l'Allemagne et les Pays-Bas.

L'Italie pourrait aussi entre temps mettre de l'eau dans son vin sous la pression des marchés.