Mercredi, 14 Novembre, 2018

Emplois fictifs au Parlement européen : Marine Le Pen convoquée par les juges

Une enquête ouverte contre Marine Le Pen pour avoir publié sur Twitter une demande d'expertise psychiatrique ALBERTO PIZZOLI AFP
Manon Joubert | 13 Octobre, 2018, 00:53

Au cours d'un déplacement début septembre, elle avait annoncé elle-même être à nouveau convoquée par les juges.

Poursuivie en juin 2017 pour "abus de confiance" et "complicité d'abus de confiance", elle est maintenant sous le coup d'une mise en examen pour "détournement de fonds publics".

Quant aux "petites phrases" tenues par Marine Le Pen au sujet de Steve Bannon, Louis Aliot assure qu'elles ont été "évoquées" lors de leur discussion et qu'ils constatent qu'il y a "une convergence de vues" entre-eux.

Marine Le Pen était convoquée ce matin chez les magistrats financiers pour un premier interrogatoire au fond après sa mise en examen en juin 2017 pour "abus de confiance" et "complicité d'abus de confiance".

Selon son avocat Rodolphe Bosselut, joint par Reuters, Marine Le Pen n'a pas souhaité s'exprimer sur le fond en attendant l'examen, le 27 novembre, d'un recours devant la chambre criminelle de la Cour de cassation.

"Nous sommes totalement innocents des faits qui nous sont reprochés". La présidente du RN a en effet engagé un pourvoi en cassation pour faire annuler la procédure.

La raison invoquée pour cette saisie inédite à l'encontre d'un parti politique était la suivante: les magistrats avançaient "le risque" que le parti, "très endetté", ne s'en serve pour rembourser ses emprunts et ne soit plus en mesure de payer les amendes ainsi que les dommages et intérêts en cas de condamnation dans un procès.

Depuis fin 2016, les juges Claire Thépaut et Renaud Van Ruymbeke enquêtent sur un possible "système" organisé "de manière concertée et délibérée" par le parti et sa présidente pour financer des salaires de ses permanents sur les deniers de l'Union européenne, en détournant les enveloppes des eurodéputés réservées à l'emploi d'assistants parlementaires.

Le Parlement de Strasbourg évalue le préjudice subi à 7 millions d'euros. Sa mise en examen a été requalifiée et aggravée. La présidente du Rassemblement national est désormais inquiétée pour des faits présumés de "détournements de fonds publics", passible de dix ans d'emprisonnement et d'un million d'euros d'amende.