Lundi, 22 Octobre, 2018

Denis Mukwege et Nadia Murad, prix Nobel de la Paix

La Fondation Roi Baudouin appelle à garantir la sécurité de Denis Mukwege Denis Mukwege, l'homme qui répare les femmes et dénonce le pouvoir en RDC
Manon Joubert | 06 Octobre, 2018, 09:48

Le prix Nobel de la paix a été décerné vendredi 5 octobre au docteur congolais Denis Mukwege et à Nadia Murad, ancienne esclave de l'État islamique.

Cette distinction honore non seulement tous ceux qui travaillent avec lui mais aussi toute la République démocratique du Congo qui a continué aussi d'ailleurs à souffrir de ces violences imposées à nos sœurs, à nos femmes, à nos filles et nous lesquelles nous sommes tous mobilisés aujourd'hui, que ce soit au niveau des médecins comme lui, au niveau des politiques, au niveau de l'armée, qui continuent à se battre contre les groupes armés qui ont transformé cette partie de la République dans une sorte d'enfer où les violences sexuelles deviennent une sorte d'arme de guerre.

Ambassadrice de l'ONU pour la dignité des victimes du trafic d'êtres humains depuis 2016, Nadia Murad, dont six frères et la mère ont été tués par l'EI, milite désormais pour que les persécutions commises contre les Yazidis soient considérées comme un génocide. Ils ont servi d'arme dans la lutte contre les Yézidis et d'autres minorités religieuses.

Les félicitations ont afflué. Le patron de l'Otan, Jens Stoltenberg, a salué des "efforts inlassables pour faire la lumière et mettre fin aux crimes les plus sombres".

L'un gynécologue, l'autre victime, Denis Mukwege et Nadia Murad incarnent une cause planétaire qui dépasse le cadre des seuls conflits, comme en témoigne le raz-de-marée planétaire #MeToo déclenché il y a un an par des révélations de la presse.

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La prise de conscience internationale progresse.

"Nous avons été souvent en désaccord avec Denis Mukwege, chaque fois qu'il a tenté de politiser son travail qui est pourtant important du point de vue humanitaire".

"Soudain, des gens sont entrés et m'ont appris la nouvelle", a confié le docteur Mugwege au journal norvégien VG, dans l'attente d'une possible réaction publique plus tard dans la journée à Bukavu (est) où les journalistes ont commencé à affluer.

Depuis 2008, le conseil de sécurité de l'ONU estime que les violences sexuelles " peuvent constituer un crime de guerre, un crime contre l'humanité ou un élément constitutif du crime de génocide ".

"L'Afrique a besoin de voix de cette envergure face au désastre causé par les dictatures du Bassin du Congo et à leur obstination à prendre le continent en otage".