Mardi, 13 Novembre, 2018

Critique qui plonge tête la première — Le Grand Bain

Benoît Poelvoorde dans Le Grand Bain : leur planche de salut
Max Fresnel | 27 Octobre, 2018, 12:24

Une surprenante comédie à l'anglaise réalisée par Gilles Lellouche. On craignait que LE GRAND BAIN, dans lequel une poignée d'hommes soignent leur vie bancale par la natation synchronisée, soit prétexte à toutes les beauferies.

Présenter Le Grand Bain comme une simple comédie légère et amusante est un raccourci bien malvenu. Canet en fils meurtri et père intransigeant, Poelvoorde en vendeur de piscines dans le déni de ses dettes, Philippe Katerine en gentil vieux garçon, Amalric en chômeur humilié par sa famille, Anglade en rock star ratée, mutualisent leurs talents, leurs physicalités, leurs humours, leurs univers très différents pour former un tout homogène, énergique, bon-enfant. Ce sont des gars, quadra ou quinquagénaires, un peu "losers" qui se retrouvent chaque jeudi soir à la piscine municipale pour faire de la danse synchronisée masculine.

S'appuyant sur l'un des plus gros castings jamais réunis dans l'hexagone, où les figures du cinéma d'auteur côtoient la nouvelle génération et des acteurs plus habitués aux grosses productions, le film est un grand divertissement, où les gags sont généreux et les vannes foisonnantes. Il y a une vraie et profonde envie de faire du beau. Parvenant même à émouvoir à plusieurs reprises, Lellouche réussit parfaitement son retour derrière la caméra, offrant plusieurs séquences cultes (le vol des combinassions de natation, la chorégraphie finale...) et nous livrant un résultat audacieux, inventif, à la mise en scène réfléchie et à la bande-son soignée. Ce feel good movie roboratif se paie le plus beau des messages: " C'est pas si mal d'avoir un peu de succès".