Lundi, 22 Octobre, 2018

Climat. Le nouveau cri d'alarme du Giec

Climat: le rapport du Giec adopté par les États Le Groupe des experts climat de l'ONU doit publier son rapport lundi. Image d'illustration. @ BRENDAN SMIALOWSKI AFP
Manon Joubert | 10 Octobre, 2018, 00:59

Le monde doit engager des transformations "rapides" et "sans précédent", s'il veut limiter le réchauffement à 1,5 °C, une cote d'alerte qui pourrait être atteinte dès 2030.

Après quelques âpres discussions, notamment avec l'Arabie Saoudite, pour valider le texte du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), le rapport spécial sur le réchauffement planétaire de 1,5°C, qui a été approuvé par les gouvernements, est publié lundi 8 octobre à 10 heures à Incheon en Corée du Sud (3 heures du matin en France). "Ce sera une contribution scientifique clé pour la conférence de Katowice [COP24 en décembre prochain, ndlr] sur le changement climatique", indique le GIEC. Même si les États s'en tiennent à leurs engagements de réduction d'émissions pris dans le cadre de l'Accord de Paris en 2015, ce sera +3°C à la fin du siècle.

Pour le Giec, pour rester à 1,5°C, les émissions de CO2 devront chuter drastiquement dès avant 2030 (-45% d'ici 2030) et le monde atteindre une "neutralité carbone" en 2050 (autrement dit il faudra cesser de mettre dans l'atmosphère plus de CO2 qu'on ne peut en retirer, et ne plus se permettre que des émissions "résiduelles").

Le réchauffement climatique pourrait ammener à des pertes de certains écosystème.

Ils ajoutent qu'une hausse des températures moyennes de 1,5°C aurait déjà des conséquences non négligeables pour la nature et l'humanité, mais ne pas dépasser ce seuil permettrait au moins de sauver notre planète.

Les émissions de gaz à effet de serre (GES) générées par l'homme ont déjà fait grimper la température mondiale de 1°C depuis la Révolution industrielle. " Limiter le réchauffement à 1.5 degré Celsius est possible dans les lois de la chimie et de la physique, mais cela nécessiterait des changements sans précédent", a déclaré Jim Skea, autre coprésident du GIEC et expert en énergie durable à l'Imperial College of London. La vraie question de la faisabilité c'est celle-là: "les gens sont-ils prêts à agir, et y aura-t-il assez de volonté politique collective?" Il devrait toutefois montrer que la planète est en voie de se réchauffer de 1,5 degré Celsius par rapport à l'ère préindustrielle d'ici 2040. Contre un par décennie au-delà de 2°C. La conséquence sur le nombre de personnes affectées est saisissante: 10 millions supplémentaires de personnes.

"Il n'y a pas de temps à perdre", a prévenu le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres sur Twitter. Et le moins qu'on puisse dire, c'est que leur rapport, basé sur 6 000 études, est plus alarmant que jamais.

Les énergies renouvelables devraient passer de 20 à 70% de la production électrique au milieu du siècle, la part du charbon serait réduite à poussière, la demande d'énergie devra baisser, l'efficacité énergétique croître. Le Giec avance ainsi le chiffre d'environ 2400 milliards de dollars par an entre 2016 et 2035 pour pouvoir changer le modèle énergétique actuel. Seule solution, insiste le Giec: adopter des politiques climatiques plus volontaristes.