Mercredi, 14 Novembre, 2018

Brésil: Jair Bolsonaro élu avec 55,3% des voix

Edition numérique des abonnés Elu président, Jair Bolsonaro veut "changer le destin du Brésil"
Manon Joubert | 31 Octobre, 2018, 08:51

(.) Il y a un retournement des gouvernements en Amérique du sud, des présidents de droite, de centre droit, qui ont été élus, mais Jair Bolsonaro va plus loin que les gouvernants de centre droit comme M. Pinera au Chili, je pense qu'il est beaucoup plus radical dans ses propositions, et aussi plus dangereux.

Souvent comparé à Donald Trump, le conservateur Jair Bolsonaro a remporté dimanche 29 octobre les élections présidentielles au Brésil avec 55.13% des suffrages exprimés, en battant son rival Fernando Haddad, candidat du Parti des travailleurs, qui n'a totalisé que 44.87% des voix.

Fernando Haddad n'a ainsi été désigné candidat du PT que début septembre, lorsque l'ex-président Luis Inacio Lula Da Silva, condamné à douze ans de prison pour corruption, a renoncé à faire annuler son inéligibilité.

Dans son premier discours retransmis en direct sur Facebook, Jair Bolsonaro a indiqué que le pays "ne pouvait plus continuer à flirter avec le socialisme, le communisme et le populisme de gauche".

"Les droits civiques, politiques, du travail et sociaux sont en jeu maintenant", a-t-il dit.

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Jair Bolsonaro, le «Trump des Tropiques», devient le nouveau Président du Brésil

"Emmanuel Macron a félicité lundi le président d'extrême droite brésilien Jair Bolsonaro après son élection la veille et a affirmé sa volonté de poursuivre sa coopération avec ce pays " dans le respect " des " principes démocratiques ". " Il se préoccupe des gens, c'est un être merveilleux ", assurait-elle ainsi dans une vidéo préenregistrée pour la campagne de son époux.

Catholique défenseur de la famille traditionnelle, il a reçu le soutien crucial des puissantes églises évangéliques et a indigné, par ses déclarations outrancières, une bonne partie des Noirs, des femmes et des membres de la communauté LGBT.

Après une dure campagne de l'entre-deux tours, alimentée par des discours de haine et émaillée de violences, le vote s'est déroulé dans le calme, a confirmé le ministre de la Sécurité publique, Raul Jungmann. "Je n'ai jamais vécu une élection aussi polarisée. J'ai très peur", a-t-elle réagi en fondant en larmes dans un bureau à Sao Paulo.

Pour Marcio Coimbra, de l'Université presbytérienne Mackenzie, le Brésil a des garde-fous solides avec "un parquet fort, une Cour suprême forte et un Congrès qui fonctionne".