Mercredi, 14 Novembre, 2018

Bébés sans bras : onze cas suspects supplémentaires dans l'Ain

Bébés nés sans bras : un huitième cas recensé dans l’Ain La maternité confirme que l'enfant est né"sans doigt.Emilie Drouinaud illustration
Manon Joubert | 31 Octobre, 2018, 09:32

Alors que Santé publique France jugeait, il y a peu, que le nombre de cas signalés dans l'Ain - sept entre 2009 et 2014 - n'était pas statistiquement supérieur à la moyenne nationale, l'agence sanitaire vient d'annoncer 11 cas suspects supplémentaires entre 2000 et 2014 dans l'Ain, selon des données hospitalières.

Emmanuelle Amar, directrice du Remera raconte que c'est la mère de l'enfant qui l'a appelée: "C'est la mère de famille qui m'a spontanément contactée, en fin de semaine dernière, pour s'assurer que son fils avait bien été comptabilisé dans les sept cas recensés dans la zone". Si ces cas se révélaient vraiment des agénésies transverses des membres supérieurs - terme médical qui désigne ces malformations congénitales -, ils viendraient s'ajouter aux sept déjà signalés par le Registre des malformations congénitales en Rhône-Alpes (Remera), portant le nombre d'enfants touchés dans l'Ain sur la période 2000-2014 à dix-huit.

L'analyse de la répartition géographique et dans le temps, par année, sur ces quinze ans et des investigations complémentaires sont en cours. Même si, souligne l'agence sanitaire, la réalisation d'enquêtes rétrospectives, plusieurs années après la naissance, sera complexe.

"Un registre doit être exhaustif".

Des cas groupés d'enfants nés sans mains, bras ou avant-bras ont été observés dans l'Ain (8 naissances entre 2009 et 2014), en Loire Atlantique (3 naissances entre 2007 et 2008) et en Bretagne (4 naissances entre 2011 et 2013), à chaque fois dans un périmètre restreint. "Pour en garantir la pérennité, Santé publique France a annoncé la constitution d'une fédération des registres des anomalies congénitales, de façon à homogénéiser et consolider le recueil des données dans le cadre d'une base de données commune", a indiqué Santé publique France dans un communiqué. Ces problèmes ont d'ailleurs provoqué le lancement d'une nouvelle enquête par Agnès Buzyn.

Menacée de licenciement avec cinq autres collègues du Remera, Emmanuelle Amar a confirmé ce mardi à l'AFP que la procédure avait finalement été "suspendue".