Lundi, 22 Octobre, 2018

Au-delà de cette limite notre ticket n'est plus valable — Climat

La ville de Santiago dans le brouillard La ville de Santiago au Chili a enregistré des niveaux de pollution de l'air très élevés en juillet 2018
Manon Joubert | 11 Octobre, 2018, 02:44

Oxfam International a averti lundi des risques qu'une hausse des températures fait peser sur le monde, sur le continent africain notamment, dont des millions d'habitants pourraient basculer dans la pauvreté et la faim "si les gouvernements n'agissent pas rapidement".

Dans leur rapport, les scientifiques décrivent le "tableau le plus frappant que nous n'ayons jamais eu " entre une élévation de la température de 1,5 degré et une autre à 2 degrés.

Le chef de l'ONU estime que le rapport produit par le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) constitue "une sonnette d'alarme retentissante qui interpelle le monde ". L'Alliance des petits États insulaires, à la pointe du combat pour inscrire dans l'accord de Paris l'objectif 1,5°, et pas seulement 2 °C, a exhorté " les nations civilisées à prendre leurs responsabilités ". Ce changement sera d'ailleurs l'occasion d'avancer significativement vers la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement, car les secteurs concernés (accès à l'eau potable, santé, etc.) sont intimement liés également aux questions climatiques, souligne l'instance onusienne. Et chaque degré va faire plus mal que le précédent, chaque demi-degré même.

Plus précisément, il est nécessaire de mettre fin à la déforestation et de planter des milliards d'arbres, de réduire considérablement l'utilisation des combustibles fossiles, d'éliminer progressivement le charbon d'ici 2050, d'accélérer l'installation de dispositifs d'énergie éolienne et solaire, d'investir dans une agriculture durable respectueuse du climat, et d'envisager de nouvelles technologies comme le captage et le stockage du carbone, a-t-il indiqué. Les pays sous-développés, les plus pauvres seront les premiers " à disparaître ".

"Dans des endroits où subsistent déjà des challenges économiques et sociaux disproportionnés, les populations feront face à moins de risques à 1,5 degrés qu'à 2 degrés".

Il y a encore un espoir de sauver le monde tel que nous le connaissons. "Pour rester à 1,5°C d'augmentation, il faudra une " transition rapide " et d'une ampleur " sans précédent ". Et ainsi revoir à la hausse leurs ambitions climatiques en vue de la COP24.

Le rapport a été élaboré sous la direction scientifique des trois groupes de travail du GIEC, qui sont respectivement chargés des éléments scientifiques du changement climatique (Groupe de travail I), des incidences, de l'adaptation et de la vulnérabilité (Groupe de travail II) et de l'atténuation du changement climatique (Groupe de travail III).

L'information est sur de très nombreuses lèvres et fait la une des médias de ce début de semaine du 8 octobre 2018.

Ainsi, les énergies renouvelables, qui représentent aujourd'hui 25% environ de la production d'électricité, devront monter à 70-85% d'ici 2050.

Les effets concrets d'un tel réchauffement seraient assez simples. "Si j'étais à sa place (ndlr: du président Emmanuel Macron), je convoquerais immédiatement un conseil des ministres exceptionnel pour dire voilà on a ce rapport, ça change fondamentalement les choses, qu'est-ce qu'il faut qu'on fasse différemment pour qu'on se place dans une bonne trajectoire", a déclaré Jean-François Julliard. Mais l'équité doit être respectée: d'énormes sommes d'argent public doivent être transférées du Nord vers le Sud pour payer la transformation énergétique, l'adaptation, les pertes et les dommages déjà subis.