Lundi, 22 Octobre, 2018

Armistice entre Washington et Ottawa — Aléna

Le Premier ministre canadien Justin Trudeau et le président américain Donald Trump lors d'une conférence de presse à la Maison Blanche à Washington DC me 13 février 2017 Aléna : le Canada et les Etats-Unis ont trouvé un accord in extremis
Napoleon Lievremont | 04 Octobre, 2018, 01:28

Le Canada et les États-Unis ont annoncé dimanche soir, une demi-heure avant l'expiration de l'ultimatum fixé par Washington, "un accord de principe, de concert avec le Mexique" pour réformer le traité de libre-échange qui lie 500 millions de Nord-Américains depuis un quart de siècle.

Le Globe and Mail écrivait samedi que les négociateurs canadiens et américains allaient discuter pendant tout le week-end, via une connexion vidéo sécurisée. Donald Trump en exigeait le démantèlement complet, Ottawa a ouvert 3,4% de son marché, "de manière semblable au TPP", le Partenariat Transpacifique que le Canada a signé en mars avec dix pays de l'Asie-Pacifique. Le président américain a toujours dénoncé l'ancien accord trilatéral, le jugeant "désastreux" pour l'économie américaine, et insisté tout particulièrement pour que le nom en soit changé.

Le Globe avait plus tôt affirmé qu'Ottawa souhaitait aussi avoir la garantie que Washington n'imposerait pas de droits de douane à l'industrie automobile canadienne, menace régulièrement brandie par le président Trump et dont la mise en oeuvre serait dévastatrice pour cet important secteur économique. Pour ce qui est du secteur automobile, le Canada obtient tout au plus un quota de 2,6 millions de véhicules assemblés sur place.

Washington et Ottawa se sont également mis d'accord pour que le nouveau traité commercial contienne un chapitre sur l'environnement, une première depuis la création de l'Aléna en 1994, et conserve l'exception culturelle canadienne chère au gouvernement Trudeau. Le système des règles d'origine étant de vigueur.

Washington et Mexico s'étaient entendues sur les termes d'un nouvel Aléna fin août, ce qui avait accru la pression sur les épaules du Premier ministre Justin Trudeau. Le chef de gouvernement libéral jouait gros un an avant des élections législatives incertaines.

Plusieurs dates butoir sont déjà passées sans conclusion.

Cette percée intervient quelques heures avant que quelque huit millions de Québécois se rendent aux urnes, pour une élection législative provinciale à risque pour la famille politique de M. Trudeau.

En suspendant cette publication, Mexico et Washington espèrent convaincre Ottawa de les rejoindre, a dit une source proche des discussions.

M. Navarro a rappelé que la date butoir était fixée à dimanche soir minuit, afin de pouvoir transmettre au Congrès le texte de l'accord.

Outre cela, le système de gestion de l'offre est préservé, même si le président américain Donald Trump avait exigé son démantèlement, comme l'explique le premier ministre du Canada Justin Trudeau.

Le nouveau pacte commercial nord-américain conclu dimanche soir contient une clause susceptible de compliquer les discussions exploratoires que mènent depuis deux ans le Canada et la Chine en vue d'un accord de libre-échange, a reconnu lundi une source gouvernementale canadienne. "Il ferme la porte à la fragmentation commerciale de la région", a réagi Jesus Seade, le conseiller économique du président-élu mexicain Andrés Manuel Lopez Obrador.

Selon M. De la Cruz, le plus grand succès de la renégociation de l'ALENA est d'avoir préservé le chapitre sur le règlement des différends, qui permet aux partenaires de régler les conflits commerciaux sur un pied d'égalité.

L'accord a été bien accueilli par les marchés asiatiques, où l'indice Nikkei de la Bourse de Tokyo a atteint lundi un niveau inédit depuis novembre 1991 et le dollar canadien a bondi à son plus haut niveau en cinq mois.