Lundi, 22 Octobre, 2018

Après un premier refus, Macron accepte la démission de Gérard Collomb

Macron et Philippe vont trancher sur le sort de Collomb démissionnaire récidiviste Emmanuel Macron et Gérard Collomb à Rome le 26 juin 2018- Alberto PIZZOLI
Manon Joubert | 05 Octobre, 2018, 01:58

Depuis cette date, l'ex-maire de Lyon a donné des signes de ses envies d'ailleurs, au point de remettre une première fois sa démission lundi soir à Emmanuel Macron, qui l'a refusée, puis une seconde fois, par voie de presse, mardi. Le ministre de l'Intérieur lui reproche le manque d'humilité.

"On peut dire que c'est une rupture non conventionnelle" mais "ce n'est ni un drame ni un épiphénomène", a résumé le président de l'Assemblée, en exprimant "son amitié et son admiration" pour Gérard Collomb, "maire bâtisseur extraordinaire et grand ministre de l'Intérieur". En effet, toute l'organisation de la passation de pouvoir entre le ministre démissionnaire et le chef du gouvernement se serait déroulée dans un "quasi huis-clos", poursuit CNEWS.

Emmanuel Macron pourrait être naturellement tenté de faire appel à son premier cercle pour occuper ce poste éminemment sensible.

"Je ne suis jamais dans le commentaire, je suis dans l'action", a-t-il ajouté, coupant court aux autres questions sur la crise qui agite l'exécutif avec ce nouveau départ d'un poids lourd, remplacé provisoirement par le Premier ministre Édouard Philippe.

Depuis l'annonce le mois dernier de ses intentions pour les municipales de 2020, Gérard Collomb, qui comptait initialement rester place Beauvau jusqu'après les européennes de mai 2019, se trouvait fragilisé. Gérard Collomb, lui, a dressé un tableau très sombre de la situation sécuritaire dans le pays: "Je suis allé dans tous ces quartiers, les quartiers Nord de Marseille, le Mirail à Toulouse, la périphérie parisienne".

Ce départ est donc symptomatique d'une grave crise à la tête de l'État.

Le Premier ministre français, Édouard Philippe, doit assurer l'intérim au ministère de l'Intérieur. L'opposition trouve son angle d'attaque: elle dépeint Gérard Collomb en ministre en sursis, plus consacré à sa ville de Lyon qu'à la protection des Français.

Le chef du gouvernement a annulé un voyage officiel en Afrique du Sud prévu jeudi et vendredi, a fait savoir dans la foulée Matignon.

Pourtant, ce qui a retenu l'attention des personnes qui ont suivi la cérémonie, c'est l'image de Gérard Collomb, bras croisés, attendant durant de longues minutes l'arrivée de son successeur.

L'exécutif s'escrime désormais à limiter les dégâts.

Dans le même registre, le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin a récusé sur France 2 l'idée d'une "crise politique" et d'une "vacance du pouvoir", lui-même se disant "très concentré" sur ses fonctions à Bercy.

Emmanuel Macron a filé la métaphore, mercredi 3 octobre au Paris Motor Show à Paris, pour tenter de minimiser le départ de Gérard Collomb: "Il y a un cap, des institutions, un gouvernement au travail, le reste ce sont des péripéties". Selon lui, son remplacement est "une affaire de quelques jours".