Lundi, 15 Octobre, 2018

Viol présumé : les SMS qui accusent Tariq Ramadan

Mehdi Fedouach AFP | L'intellectuel Tariq Ramadan lors d'une conférence à Bordeaux le 26 mars 2016 Mehdi Fedouach AFP | L'intellectuel Tariq Ramadan lors d'une conférence à Bordeaux le 26 mars 2016
Max Fresnel | 27 Septembre, 2018, 02:04

Mais les juges d'instruction chargés de l'affaire "n'ont pas fait droit" à cette demande et "ont saisi le juge des libertés et de la détention", précise une de ces sources.

Les textos envoyés à "Christelle" les 9 et 10 octobre, dont l'authenticité a été confirmée, dessinent une autre histoire que celle de Ramadan qui dit l'avoir seulement vue 20-30 minutes dans le hall du bâtiment, et se rapprochent de la version de la femme qui affirme s'être retrouvée dans sa chambre et d'y avoir été violée avec une rare violence puis abandonnée en état de choc ces mêmes jours.

Selon une source proche de l'enquête, aux risques de trouble à l'ordre public et de récidive invoqués lors du rejet de ses précédentes demandes, s'ajoutent cette fois des SMS exhumés par des experts dans un ancien téléphone portable de Christelle. Parmi eux, huit messages datés du 9 octobre 2009, jour du viol présumé.

Sur ces 399 SMS, 255 ont été envoyés par Tariq Ramadan à Christelle et 144 envoyés par la plaignante à l'islamologue. Je devrai t'attendre en bas car il faut une carte pour monter dans l'ascenseur.

Les textos reçus le lendemain par "Christelle" demandent à 19h29: "J'ai senti ta gêne. désolé pour ma 'violence'. Pas déçue?". "Ce silence dit quoi???", relance l'interlocuteur enregistré sous le nom Tariq Ramadan à 21h53. J'ai aimé... Tu veux encore?" ou "Tu n'as pas aimé... A 23h09, nouveau message: "Tu n'as pas aimé..."

Autant d'éléments qui viennent contredire la position de Tariq Ramadan qui assurait ne pas avoir eu de relation avec cette deuxième plaignante.

Figure influente et controversée de l'islam francophone, il est accusé de viols depuis octobre 2017 par Henda Ayari, une ancienne salafiste devenue militante laïque, et par une femme surnommée "Christelle" dans les médias. Tariq Ramadan, qui souffre d'une sclérose en plaque dont le traitement a été jugé administrable en prison, réclame un placement sous contrôle judiciaire avec remise de son passeport suisse et une caution préalable de 300 000 €.

Confronté en juillet et en septembre à ses accusatrices dans le bureau des juges, Tariq Ramadan, qui aurait reconnu des relations extraconjugales consenties et des "rapports fougueux, de domination" avec d'anciennes maîtresses, avait réaffirmé n'avoir jamais entretenu de tels rapports avec les plaignantes.

Incarcéré depuis le 2 février, Tariq Ramadan est mis en examen pour viol et viol sur personne vulnérable, des accusations qu'il conteste.