Mercredi, 19 Septembre, 2018

" "Un plan " contre la pauvreté " — France

Macron reçu à ATD Quart Monde trois jours avant le plan pauvret Emmanuel Macron doit dévoiler jeudi à 10h au Musée de l'Homme à Paris la"stratégie de lutte contre la pauvreté. @ Jacques Witt AFP
Napoleon Lievremont | 14 Septembre, 2018, 01:46

Les mesures de lutte contre la pauvreté étaient attendues en juillet mais le chef de l'Etat avait décidé au dernier moment de les reporter, provoquant la déception des acteurs du secteur, d'autant que ce délai avait semblé lié au Mondial de football.

Des repas à la cantine pour 1€.

Taxé de " président des riches " par l'opposition depuis le début de son quinquennat et perçu comme tel par une partie de l'opinion, Emmanuel Macron a dévoilé le 13 septembre 2018 sa stratégie de lutte contre la pauvreté.

Les enjeux sont de taille: plus de huit millions de personnes en France vivent sous le seuil de pauvreté de 1015 euros par mois, selon les données de l'Insee en 2017.

60000 jeunes se retrouvent par ailleurs " en dehors de tous les radars " chaque année.

En présentant ce plan lui-même depuis le musée de l'Homme à Paris, le chef de l'Etat veut démontrer l'importance qu'il lui accorde, cinq jours avant la présentation d'une réorganisation du système de santé. Pas un mot sur les APL, soutien à la loi Elan qui met en place des mesures anti-pauvres, rien pour protéger les victimes des marchands de sommeil ou loger les sans-abris et habitants de bidonville, (la) gentrification des quartiers populaires HLM se poursuit. Quand vous avez des emplois aidés qui cherchaient à ramener sur le terrain de l'emploi des gens qui en étaient très éloignés, quand vous les supprimez, vous envoyez en réalité ces gens vivre simplement de revenus de l'assistance.

Pour les jeunes, l'obligation de formation sera portée de 16 à 18 ans.

En plus du développement de l'accès à des modes de garde pour les tout-petits issus de familles défavorisées, il a souhaité un "accès à la cantine plus universel " avec "des repas à un euro" et des petits-déjeuners proposés dans les écoles des réseaux prioritaires. "Le repérage des décrocheurs qui se fait aujourd'hui au mieux deux fois par an se fera désormais en continu", a ainsi promis Emmanuel Macron. D'ici 2020, 300 nouveaux centres sociaux devraient voir le jour. Il devrait ainsi annoncer une simplification des démarches afin que les travailleurs sociaux aient plus de temps pour accompagner les bénéficiaires.

Le RSA sera également repensé afin de faciliter son accès. "Je ne suis pas pour le conditionnement et je ne suis pas pour qu'on finisse par transformer le RSA en salariés bénévoles, fait savoir Olivier Faure". Celui productif, de la création d'emplois qui permet l'émancipation de chacun. "Il n'y a aucune intention cachée de remettre en cause certains droits", notamment "les aides monétaires (qui) augmenteront encore", a cependant affirmé la ministre des Solidarités et de la Santé, Agnès Buzyn, en estimant toutefois que celles-ci "ne peuvent être le solde de tout compte de la solidarité".

- Mouvement français pour le revenu de base - Ces annonces "manquent encore d'ambition et surtout d'inconditionnalité, critère essentiel à l'émancipation des individus et à leur liberté réelle". Le président a précisé qu'en contrepartie "d'un droit à être aidé et accompagné... nous veillerons à ce que les devoirs soient respectés" par les bénéficiaires. "Dommage de ne cibler que les écoles d'éducation prioritaire, alors qu'il y a des situations de grande pauvreté partout", pointe Marie-Aleth Grard, d'ATD-Quart Monde. "Dans un contexte où l'on fait attention à la dépense publique, c'est un choix politique très fort", a-t-il souligné. On parle aussi de 7 à 10 milliards par an en cadeaux fiscaux aux plus grandes fortunes de ce pays.