Vendredi, 16 Novembre, 2018

Un candidat brésilien blessé pendant un meeting

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Manon Joubert | 08 Septembre, 2018, 02:05

L'homme qui a poignardé jeudi 5 septembre le candidat d'extême droite à la présidentielle au Brésil Jair Bolsonaro a dit avoir agi pour des raisons personnelles et religieuses, selon un rapport préliminaire de la police militaire. "Il a perdu beaucoup de sang", a-t-il expliqué. Des images télévisées ont montré le candidat, juché sur les épaules de sympathisants, recevant un coup violent sous le thorax et s'effondrer en arrière avec une grimace de douleur, avant d'être évacué. Il était en pleine campagne, vêtu d'un tee-shirt jaune et saluant la foule dans une rue bondée de Juiz de Fora, quand il a été attaqué, un événement rare dans une campagne présidentielle au Brésil, pays pourtant très violent.

Âgé de 63 ans, cet ancien militaire nostalgique de la dictature, connu pour son discours notoirement raciste, homophobe et sexiste, est en tête dans les sondages, avec 22% des intentions de vote au premier tour, comme le souligne Le Monde.

Le suspect de l'agression, un homme de 40 ans, a été arrêté par la police peu après les faits. On ignore encore ses motivations, mais l'entourage de Jair Bolsonaro a eu tôt fait de le présenter comme un activiste de gauche, affirmant que le suspect aurait été affilé au Parti socialisme et liberté (PSOL, gauche) entre 2007 et 2014. Mais dans un second tweet, il a annoncé que son père, touché au foie et au poumon, était en fait "grièvement blessé". C'est ce qu'a indiqué le premier sondage réalisé après la récente invalidation de la candidature de l'ex-président Luis Inacio Lula da Silva, jusque-là grand favori malgré sa condamnation à plus de 12 ans de prison pour corruption.

Jair Bolsonaro, du petit Parti social libéral (PSL), serait toutefois battu facilement par la quasi totalité de ses adversaires au deuxième tour, selon l'enquête d'opinion publiée tard mercredi.

L'ancien capitaine de l'armée est par ailleurs le candidat suscitant le plus de rejet, surtout parmi les femmes.

Malgré ce profil clivant, l'agression est condamnée par l'ensemble de la classe politique brésilienne: "Il est intolérable que dans un Etat démocratique il ne soit pas possible de faire une campagne électorale tranquille", déclare Michel Temer, président du Brésil.

M. Bolsonaro - avocat fervent d'une libéralisation du port d'armes pour lutter contre la criminalité - bénéficiait d'une protection de la police fédérale, en tant que candidat à la présidence, a confirmé la police à l'AFP. Il a exigé que "les autorités punissent les responsables de cette barbarie".