Mardi, 13 Novembre, 2018

Taxe "Halal" et arabe en apprentissage à l'école — Institut Montaigne

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Napoleon Lievremont | 13 Septembre, 2018, 01:04

Paris, France | AFP | lundi 10/09/2018 - Une structure chargée d'organiser et financer le culte musulman et une lutte accrue contre le discours salafiste sur les réseaux sociaux: l'Institut Montaigne ébauche des pistes de lutte contre "la fabrique de l'islamisme" dans un rapport publié lundi.

Instaurer une "taxe halal", renforcer l'apprentissage de l'arabe à l'école. Elle regrette dans un communiqué que ce rapport "opportuniste et partial ait pu tomber dans l'amalgame aisé entre islam et islamisme, oubliant volontairement la communauté musulmane de France", a-t-elle indiqué, rappelant "l'attachement profond des musulmans de France aux valeurs républicaines et démocratiques ainsi qu'à l'impérieuse nécessité de respecter scrupuleusement le principe de la laïcité érigé par la Loi du 19.12.1905". Hakim El Karoui propose de mettre en place une tour de contrôle des flux financiers et des dons, à l'image d'un "Tracfin islamique". Grands thèmes abordés: représentation institutionnelle, financement des mosquées et formation des imams et aumôniers.

"L'essentiel du financement n'est plus étranger, il est endogène, car il y a 6 millions de musulmans en France, qui pratiquent beaucoup, qui consomment beaucoup", explique-t-il.

Ce modèle s'inspirerait de la " taxe cacherout " de la communauté juive, gérée par les rabbinats et qui permet de certifier les produits " casher.

En France, l'auteur du rapport, Hakim El Karoui, dit constater une "progression de l'idéologie islamiste" même si "les islamistes (.) sont largement minoritaires parmi les musulmans de France". L'idée serait donc, selon lui, de fonder une "organisation neutre, indépendante des pays d'origine, indépendante de ceux qui tiennent aujourd'hui les mosquées" pour pouvoir récupérer un petit montant sur chaque acte de consommation. Autre proposition du rapport: "relancer l'apprentissage de la langue arabe" à l'école. A l'intérieur de la communauté, notamment chez "les jeunes moins de 35 ans", "les salafistes - branche rigoriste de l'islam" gagnerait du terrain. "Il faut une structure pour eux qui va financer ce marché", en croissance constante, a aussi estimé Hakim El Karoui. "Il a été multiplié par dix dans les mosquées ". Le consultant est alarmé par le fait que ce sont des prédicateurs proches des salafistes qui fournissent presque toutes les réponses aux questions religieuses sur internet. "Il y a à peu près 800 000 à un million de personnes qui suivent un discours religieux (.) produit par les salafistes", a-t-il affirmé sur Europe 1, disant s'appuyer sur une étude d'un institut de sondage.

Ce rapport est publié alors que sont organisées jusque mi-septembre des "assises territoriales de l'islam de France" dans chaque département, sous l'égide des préfets, pour faire émerger des propositions inédites. Dès l'automne, l'Exécutif donnera "à l'islam un cadre et des règles garantissant qu'il s'exercera partout de manière conforme aux lois de la République", avait déclaré, début juillet, Emmanuel Macron devant le Congrès réuni à Versailles.