Vendredi, 16 Novembre, 2018

Syrie: frappes russes contre Idleb, les plus "intenses" depuis un mois

Syrie: l’avertissement de Trump sur Idlib Erdogan accuse Washington de chercher à implanter des terroristes de manière «permanente» en Syrie
Manon Joubert | 10 Septembre, 2018, 02:03

Ces raids interviennent alors que les Nations unies ont maintes fois mis en garde contre une "catastrophe humanitaire" qu'entraînerait une telle offensive, avec l'éventuel déplacement de 800.000 personnes.

Près du village d'Al Mountar, la panique s'est emparée des habitants.

Les bombardements ont provoqué des destructions et de nombreux dégâts dans plusieurs habitations. L'aviation syrienne a de son côté largué des barils d'explosifs sur ce secteur, a ajouté la même source. Depuis jeudi, des centaines de familles ont fui leurs localités dans les secteurs visés d'Idleb, dans la ligne de mire du gouvernement et de son allié russe pour leur proximité avec des zones tenues par les forces loyalistes.

" Si l'expression "cessez-le-feu" figurait ici, alors cette déclaration en serait d'autant plus pertinente", a souligné M. Erdogan lors des débats avec ses homologues russe et iranien sur la rédaction du communiqué final du sommet, retransmis en direct à la télévision. Cette fois, la Russie a affirmé samedi avoir des " preuves irréfutables " que les rebelles syriens préparent une " provocation " imminente à Idleb, dernière région échappant au contrôle du régime et sous la menace d'une offensive.

Iran, Russie et Turquie ont échoué vendredi 7 septembre à surmonter leurs divergences, tout en convenant de continuer à "coopérer" en vue d'une solution pour éviter les pertes civiles dans cette région du Nord-Ouest de la Syrie, autour de laquelle le pouvoir de Bachar al-Assad amasse des troupes en vue d'un assaut qui semble imminent.

Selon l'OSDH, des frappes aériennes russes avaient déjà fait cinq morts vendredi alors qu'elles visaient des positions de Hayat Tahrir al-Cham, l'organisation jihadiste créée par l'ex-branche syrienne d'Al-Qaïda qui contrôle 60% d'Idleb, ou encore celles d'Ahrar al-Cham, un puissant groupe rebelle islamiste.

" Le fait est qu'il n'y a pas de représentants des groupes armés autour de cette table " habilités à négocier un cessez-le-feu, a-t-il soutenu".

Quelque trois millions de personnes, dont la moitié sont des déplacés, vivent dans la province d'Idleb et les poches insurgées des provinces voisines de Hama, Alep ou encore Lattaquié, selon l'ONU.

Si MM. Erdogan et Rohani ont plaidé pour la nécessité de protéger les civils, l'émissaire de l'ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura, a plaidé pour des mesures concrètes vendredi devant le Conseil de sécurité réuni à New York pour discuter d'Idleb.

Sur un autre front de la guerre en Syrie, treize membres des forces du régime syrien et sept policiers kurde ont péri samedi dans des affrontements entre les deux camps à Qamichli, selon l'OSDH.

Déclenchée en 2011, la guerre en Syrie a fait plus de 350.000 morts et des millions de réfugiés.