Lundi, 22 Octobre, 2018

"Ma santé 2022", un nouveau plan pour un meilleur accès aux soins ?

Les personnels de l’hôpital psychiatrique Pierre Janet du Havre ont occupé cet été le toit de leur établissement en guise de protestation contre leurs conditions de travail Plan Santé : première ordonnance
Marie-Paule Arceneaux | 23 Septembre, 2018, 01:55

FRANCE Un train de mesures vouées à améliorer l'offre de soins.

Emmanuel Macron a dévoilé les contours du plan hôpital dans un grand discours de plus d'une heure depuis l'Elysée en ce mardi 18 septembre. Le président français a affirmé vouloir redéfinir le paysage "pour les 50 années à venir". Des moyens sont mis sur la table: presque 3 milliards et demi d'euros d'ici la fin du quinquennat. Dans une interview accordée au Parisien, la ministre de la Santé Agnès Buzyn explique ainsi cette décision: "Pour arrêter le gâchis humain".

"Une absurdité": c'est ainsi que Emmanuel Macron a qualifié le numerus clausus qui limite le nombre d'étudiants admis en 2e année d'études de médecine, sages-femmes, dentaires ou de pharmacie. Ça suffit de désespérer des générations entières de jeunes qui obtiennent le bac parfois avec une mention bien ou très bien, mais qui se voient refuser l'entrée dans des études de médecine et vivent cela comme un échec fondamental.

Si les conseillers de l'Elysée refusaient, hier, de révéler le montant de l'effort financier réalisé certains avançaient le chiffre de 400 millions d'euros supplémentaires.

"Ces praticiens salariés seront " envoyés dans les territoires prioritaires " pour " y proposer des consultations ", a expliqué M. Macron, faisant le pari que cette mesure " sera attractive ".

Le budget de 3,4 milliards d'euros de ce plan sera divisé en différentes sections. Espérons que ces annonces seront suivies d'applications concrètes.

Il faut une dizaine d'années pour en former un médecin. Aujourd'hui, c'est officiel: l'horrible numerus clausus n'existera plus en 2020.

Si certaines des dispositions, comme la création de 4000 assistants médicaux, pourront se faire de manière réglementaire, d'autres nécessiteront la présentation d'un projet de loi, attendu au premier semestre 2019 pour un déploiement achevé totalement d'ici 2020. Ce dernier sera chargé de seconder les médecins en effectuant notamment des tâches administratives ou encore des actes simples comme une prise de tension ou de température - une demande formulée de longue date par les professionnels. La lutte contre les déserts médicaux arrive en tête des priorités.

Ces contraintes concordent avec l'objectif de la mise en place de communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS), c'est-à-dire de réseaux de médecins libéraux, que le gouvernement souhaite établir. "Nous en financerons autant que de besoin ", a précisé Emmanuel Macron. Elle devrait être remplacée par des "parcours" standardisés, en commençant par certaines maladies chroniques comme le diabète et l'insuffisance rénale chronique. "On va demander aux médecins de ville et aux hôpitaux de proximité de travailler ensemble", "on va créer un exercice mixte", a-t-elle ajouté, soulignant que la France était "le seul pays où il y a une telle différence entre la médecine hospitalière et la médecine de ville".

Le dossier médical partagé (DMP), déjà expérimenté dans neuf territoires et attendu depuis plus de dix ans, sera généralisé à partir de novembre. Il a déclaré que " 25.000 excellents lycéens deviennent des étudiants qui échouent en première année, alors qu'au même moment on a recours à des médecins vacataires dans les hôpitaux de campagne parce que nous n'avons pas assez de médecins".