Mercredi, 19 Septembre, 2018

Législatives: la Suède face à la tentation du repli

Le Premier ministre suédois Stefan Löfven social-démocrate en campagne à Norrkoping le 31 août 2018 Le Premier ministre suédois Stefan Löfven social-démocrate en campagne à Norrkoping le 31 août 20181/3
Max Fresnel | 10 Septembre, 2018, 00:54

"Au même moment, dans le sud de la Suèdel'extrême droite a ses bastions, le président du SD, Jimmie Akesson, leur a répondu". Le parti anti-immigration des Démocrates de Suède serait crédité de 16,3 % à 19,2 % des suffrages, alors que certains instituts lui prêtaient jusqu'à 25 % des voix.

"Il est temps (que les autres partis) prennent leurs responsabilités et se mettent à discuter avec SD", a lancé dimanche soir Mattias Karlsson, président du groupe des "Sverigedemokraterna" au parlement. Des élections législatives à suspense qui pourraient signer la fin de la domination des partis traditionnels au profit de l'extrême droite créditée de 16 à 25% d'intention de vote.

Alors que le Premier ministre social-démocrate Stefan Löfven présentait ces législatives comme un "référendum pour l'Etat-providence", l'extrême droite en a fait un plébiscite contre sa politique migratoire.

En septembre 2015, Stefan Löfven justifiait l'ouverture aux réfugiés de Syrie, d'Irak ou d'Afghanistan au nom d'"une Europe qui n'édifie pas de murs". À l'image du parti Alternative pour l'Allemagne (AfD), il dénonce comme une menace " culturelle " l'arrivée de centaines de milliers de demandeurs d'asile. "À la veille du scrutin, Stefan Löfven a fustigé " les forces haineuses " et exhorté les électeurs à rester " du bon côté de l'histoire", tandis que le patron des conservateurs, Ulf Kristersson, a appelé à " une coopération au-delà des lignes partisanes pour isoler les forces " prônant " le repli ".

Le chef du gouvernement est traditionnellement le dirigeant du parti ayant obtenu le plus grand nombre de voix mais le nouveau paysage politique fragmenté de la Suède rend toute conjecture particulièrement hasardeuse.

"Des ONG ont relayé " l'angoisse " des demandeurs d'asile face à la montée de l'extrême droite". Aucun camp, ni le bloc " rouge-vert " sortant ni l'opposition " bourgeoise " n'étant à même d'obtenir plus de 50 % des 349 mandats en jeu au Riksdag, il faudra des jours, voire des semaines de tractations en coulisse pour trouver une majorité, ou la moins faible des alliances minoritaires.

Les résultats encore provisoires donnent les deux camps dans un mouchoir de poche, à 40% environ chacun. Ils seraient devancé par les sociaux-démocrates crédités de 26,2% des voix.

Samedi soir, en meeting dans la capitale, Jimmie Åkesson avait lancé un ultimatum au chef conservateur: "Kristersson a 24 heures pour répondre à la question: es-tu prêt à coopérer avec moi ou avec Stefan Löfven?".