Mercredi, 19 Septembre, 2018

L’avertissement de Trump sur Idlib — Syrie

Syrie: Trump avertit d'une «potentielle tragédie humaine» à Idleb Une attaque d'Idlib provoquerait une tragédie humaine, selon Donald Trump
Manon Joubert | 05 Septembre, 2018, 01:08

Les autorités de Damas amassent depuis plusieurs semaines des renforts aux abords de la province d'Idleb, dernier grand bastion insurgé dans le nord-ouest de la Syrie.

Dans la province d'Idleb, " des millions de civils innocents sont sous la menace d'une attaque imminente du régime Assad, avec le soutien de la Russie et de l'Iran", a rappelé l'exécutif américain.

Le 3 septembre, dans un tweet aux accents bellicistes, le président américain Donald Trump a mis en garde la président syrien Bachar el-Assad contre toute attaque "imprudente" dans la province d'Idleb où se massent actuellement quelque 10 000 djihadistes, selon l'envoyé spécial de l'ONU Staffan de Mistura. Les Russes et les Iraniens commettraient une grave erreur humanitaire en prenant part à une potentielle tragédie humaine. Elle redoute une "catastrophe" et "l'utilisation de l'arme chimique". La province est dans le collimateur du régime et de son allié russe qui visent particulièrement les djihadistes de Hayat Tahrir al-Cham, un groupe dominé par les combattants de l'ex-branche syrienne d'Al-Qaïda. "Les avions russes ont de nouveau bombardé la province d'Idleb après une pause de 22 jours", a indiqué le directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), Rami Abdel Rahmane.

Selon l'OSDH, les frappes ont ciblé plusieurs régions, tuant au moins 13 civils, dont six enfants, et faisant près de 30 blessés. La province côtière de Lattaquié est l'un des principaux fiefs du régime syrien dont est originaire la famille Assad.

Ces raids interviennent "au lendemain des frappes rebelles contre des positions des forces du régime dans la province voisine de Lattaquié qui ont fait trois morts", selon Rami Abdel Rahmane.

Alors que le ballet diplomatique s'intensifie pour éviter une offensive du régime, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a déclaré à l'AFP qu'il fallait laisser la porte " ouverte à la négociation ".

Le conflit en Syrie, déclenché en 2011 avec la répression par le régime de manifestations pro-démocratie, a déjà fait plus de 350.000 morts et des millions de déplacés et réfugiés. Malgré plusieurs cycles de pourparlers, l'ONU n'est pas parvenue à trouver une résolution au conflit.