Mercredi, 14 Novembre, 2018

Indignation générale après l'incendie du Musée national de Rio

Un homme tient un bocal dans lequel on peut voir un gros crustacé dans du formol Un pompier sort du bâtiment en flamme des artéfacts
Manon Joubert | 07 Septembre, 2018, 00:57

"Une partie de cette tragédie aurait pu être évitée", a déclaré Alexandre Keller, directeur de musée. La population pleure le plus grand musée de l'histoire naturelle d'Amérique latine où 200 ans de vestiges viennent de partir en fumée. Romancier parmi les plus lus au monde, l'auteur de L'Alchimiste dénonce dans cette tribune le désintérêt de tout un pays, et en particulier de ses élites, pour son patrimoine culturel. Ils ont protesté près du musée contre l'incurie du gouvernement et demandé la démission de Michel Temer.

Après avoir passé une bonne partie de la nuit à combattre les flammes, les pompiers tentaient en matinée de sauver ce qui était encore possible. Créé en 1818 par le roi Jean VI et installé depuis 1892 dans l'ancien palais impérial de Saint-Christophe, le musée est situé dans le parc de Boa Vista dans le nord de Rio, qui abrite également un exceptionnel jardin botanique de 40 hectares.

Antônio Gambine Moreira, recteur de la planification et des finances de l'Université UFRJ, qui gère le musée, a indiqué que quelques pièces avaient pu être récupérées au sous-sol. Mais il a souligné qu'il s'agissait d'une partie insignifiante, évoquant "une perte incommensurable".

L'éditorial du journal O Globo dénonçait une "tragédie prévisible": "La dégradation du musée et sa transformation en cendres tirent de façon stridente la sonnette d'alarme sur la nécessité de redéfinir les priorités budgétaires".

"L'incendie a fait beaucoup de dégâts parmi les plus de 20 millions de pièces de valeur qu'abrite le musée".

Un manque de sécurisation dû aux coupes budgétaires qui ont frappé les secteurs de la sciences, de la culture et de la recherche.

"Lors de la réunion d'aujourd'hui, nous avons fait une proposition et le président a accepté le financement par le BNDES, à hauteur de 25 millions de réais, des projet visant à renforcer la sécurité, réduire le risque d'incendies et moderniser les installations", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse conjointe avec les ministres de la culture, Sérgio Sá Leitão, de la Maison civile, Eliseu Padilha, et de l'Education, Rossieli Soares da Silva. "Les riches vont au musée, mais à Londres, New York ou Paris, pas à Rio ou à São Paulo".

En 1978, un incendie dramatique avait déjà dévasté le Musée d'Art Moderne de Rio, carbonisant notamment plusieurs toiles de Miro et de Picasso.