Mercredi, 14 Novembre, 2018

Donald Trump souhaite deux Etats — Israël-Palestine

Edition numérique des abonnés Quelle solution au conflit palestino-israélien? Trump a fait son choix
Manon Joubert | 30 Septembre, 2018, 11:10

"Mon rêve, ce serait que cela soit fait avant la fin de mon premier mandat" en janvier 2021, a-t-il indiqué quant à un accord de paix.

La ligne officielle de l'administration Trump consistait jusqu'ici à soutenir une solution qui aurait la faveur des deux camps israélien et palestinien, sans pousser ni rejeter les deux Etats.

Au sujet de l'Iran, Donald Trump a par ailleurs dénoncé au Conseil de sécurité l'agressivité croissante selon lui de l'Iran, que les États-Unis vont à nouveau sanctionner, s'en prenant aussi à la Russie sur la Corée du Nord et à la Chine. "Les États-Unis se refusent depuis l'élection de Trump à y faire référence", déplorait encore récemment un diplomate européen.

Après avoir pris ses distances avec le principe d'une solution dite "à deux Etats" embrassé par ses prédécesseurs depuis au moins 2001, le président américain a paru faire le chemin à rebours en marge de l'assemblée générale de l'ONU.

Le locataire de la maison blanche ne s'était pas clairement positionné jusque là, sur la solution à deux États. Même si c'est "un peu plus difficile", elle "marche mieux parce que chacun gouverne de son côté", a-t-il ajouté plus tard.

"La solution des deux Etats a complètement disparu du paysage politique israélien et n'existe que dans les rappels que nous en faisons, nous Européens". Il considère que des discussions pourront être entamées dans les prochains mois, et que le processus est efficace, car les deux partis veulent "faire quelque chose" pour avancer.

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Trump favorable pour la première fois à la solution à deux Etats israélien et palestinien

Réagissant aux propos de son ministre, M. Netanyahu a affirmé qu'il n'y aurait pas d'Etat palestinien "qui sera un désastre pour Israël car nous ne renoncerons pas au contrôle sécuritaire à l'ouest du Jourdain", donc en Cisjordanie occupée où les Palestiniens veulent bâtir l'Etat auquel ils aspirent.

Il s'agit donc d'un tournant.

Le président Abbas a gelé les relations avec l'administration Trump après la reconnaissance, en 2017 par les Etats-Unis, de Jérusalem comme capitale d'Israël.

Il s'est dit d'accord pour que les Palestiniens aient "l'autorité pour se gouverner eux-mêmes".

"Mahmoud Abbas et Benjamin Nétanyahou auront l'occasion de s'exprimer sur le sujet, à la tribune de l'Assemblée générale de l'ONU, jeudi 29 septembre". Il a aussi mis en avant sa préférence à deux États, pour régler le conflit.

Les Palestiniens n'ont pas donné l'air d'être satisfaits, ni d'être prêts à reconsidérer leur boycott de l'administration Trump après avoir avalé plusieurs couleuvres: transfert de l'ambassade américaine à Jérusalem, arrêt des financements, remise en cause du statut de millions de réfugiés palestiniens, fermeture du bureau de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) à Washington, non-condamnation de la colonisation. Or leurs actes sont clairs: "ils n'ont aucune intention de promouvoir une véritable paix entre Israéliens et Palestiniens", ajoute-t-elle, estimant que l'idée de formuler " un plan de paix crédible " dans le contexte actuel est tout simplement " absurde ".