Mercredi, 19 Septembre, 2018

Comment résoudre le conflit entre pêcheurs — Coquilles Saint-Jacques

Honfleur Sputnik. Viktor Onuchko Guerre des coquilles une bataille navale s’engage dans la Manche
Manon Joubert | 08 Septembre, 2018, 00:41

L'accord de 2017 obligeait les Britanniques à respecter le calendrier français mais ne concerne que les bateaux de plus de 15 mètres. Précisons que le Brexit a ravivé les tensions dans ce secteur hyper concurrentiel, et surtout très réglementé côté français, mais où les règles sont moins strictes côté britanniques. "En 2016, les bateaux de plus de 10 mètres qui représentaient 12 % de la flotte de pêche britannique récupéraient 88 % de l'ensemble des prises des ports britanniques", ajoute-t-il.

Pour lui, un accord global sur la pêche doit être trouvé avec la Grande-Bretagne au nom des 27. Selon le ministère français des pêches, on ne pourra parler d'accord définitif qu'à l'issue de la réunion de vendredi.

A l'origine de la colère des pêcheurs français: l'interdiction qui leur est faite de pêcher la coquille Saint-Jacques entre le 1er octobre et le 15 mai, et ce, même dans les eaux internationales. Mardi, les pêcheurs des deux pays ont échangé mardi au large de la Baie de Seine jets de pierres et insultes et mené des manoeuvres dangereuses en haute mer, donnant des airs de bataille navale à cette guerre au long cours autour du précieux mollusque.

A noter que, sur le plan légal, la pêche par les Britanniques de la coquille Saint-Jacques, hors des saisons de pêche dans les eaux où ont eu lieu les incidents, n'est pas illégale puisque ce sont les Français qui ont déterminé un calendrier pour pouvoir mieux gérer la ressource.

Les pêcheurs normands pourraient être d'accord pour que la pêche à la coquille Saint-Jacques commence plus tôt dans la zone concernée, à condition que Normands et Britanniques puissent y accéder en même temps.

La France et le Royaume-Uni sont parvenus à un accord de principe ce mercredi soir. "C'est le meilleur des cas pour les deux parties (.) dans la mesure où les Britanniques étaient bien dans leur droit", a-t-il estimé après la réunion.

Côté français, Stéphane Travert a salué une négociation "qui a permis de poser les bases d'un accord dont il souhaite la conclusion dans les meilleurs délais", en vue notamment de préserver "une gestion durable" de la coquille Saint-Jacques.

"Jusqu'à la signature de l'accord vendredi, nous demandons (aux petits bateaux britanniques) d'éviter la zone", a-t-il poursuivi devant la presse, prévenant toutefois qu'il serait "rejeté" si les compensations sont jugées insuffisantes.

Une réunion entre pêcheurs français, britanniques et industriels est prévue mercredi à Londres, a rappelé le ministre français Stéphane Travert, qui s'est entretenu la semaine dernière avec son homologue britannique George Eustice.