Lundi, 15 Octobre, 2018

Clip appelant à "pendre les blancs": le choc était voulu, selon l'auteur

Nick Conrad ici dans son clip du titre"Meurtrier est visé par une enquête. Capture d'écran@ Youtube
Max Fresnel | 28 Septembre, 2018, 00:51

Totalement inconnu jusqu'ici, le rappeur français Nick Conrad se retrouve sous les feux des projecteurs depuis l'ouverture, mercredi, d'une enquête pour "provocation publique à la commission d'un crime ou d'un délit".

De son côté, Nick Conrad s'est justifié sur sa démarche, expliquant qu'il avait voulu "inverser les rôles" et qu'il s'agissait "d'un message d'amour en profondeur".

Dans son texte, Conrad appelle notamment à tuer "des bébés blancs".

Contacté par l'AFP, le service de streaming musical Deezer a dit avoir retiré le titre de son offre.

Ce clip très violent a suscité un tollé au sein du gouvernement et dans la classe politique.

Dans l'après-midi, Gérard Collomb, le ministre de l'Intérieur, a "condamné sans réserve ces propos abjects et ces attaques ignominieuses". Quelques minutes plus tard, c'est Bruno Retailleau, le sénateur LR de Vendée, qui s'est alarmé via les réseaux sociaux. La maire de Noisy-le-Grand, ville d'où est originaire du rappeur et où une partie du clip a été tournée, a porté plainte. La vidéo avait pourtant été partagé par Dieudonné, seul soutien public de Nick Conrad, sur sa page Facebook mais ce n'est que ce mercredi, lorsque des comptes Twitter proches de l'extrême-droite ont commencé à relayer le clip, que la machine s'est mise en route. Ceux qui les diffusent portent une lourde responsabilité et doivent réagir au plus vite. La Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la haine anti-LGBT (Dilcrah, rattachée au Premier ministre) a également affirmé avoir saisi le Procureur de Paris pour "incitation à la haine raciale". Les investigations lancées par le parquet ont été confiées à la Brigade de répression de la délinquance contre la personne.

"C'est une fiction qui montre des choses qui, du début à la fin, sont vraiment arrivées au peuple noir, tous les éléments qui sont cités dans le morceau, un à un, ont vraiment touché et marqué le peuple noir dans sa chair", a complété Nick Conrad sur RTL qui assure que ce n'est "pas un appel à la haine". "La liberté de création, ce n'est pas la liberté d'appeler à pendre des Blancs à raison de la couleur de leur peau", a quant à elle réagi la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (LICRA) qui a annoncé avoir saisi la justice. Les faits sont passibles d'une peine maximale de 5 ans de prison et de 45.000 euros d'amende.