Lundi, 22 Octobre, 2018

Ce que va annoncer Emmanuel Macron — Plan santé

Edition numérique des abonnés Rallonge budgétaire et fin du numerus clausus: l'ordonnance Macron pour la santé
Marie-Paule Arceneaux | 18 Septembre, 2018, 14:21

"Il pêche par un vrai handicap d'organisation", a estimé le chef de l'État qui a souligné le "risque d'implosion" de l'hôpital.

La mesure fait partie du plan que présentera Emmanuel Macron, mardi. "De même source, on précise que les crédits de l'assurance maladie augmenteront plus que prévu l'an prochain: "2,5 % au lieu de 2,3 %, soit près de 400 millions d'euros en 2019 et, d'ici à la fin du quinquennat, 1,6 milliard " garantis " pour " accompagner la réforme ". Supprimé à la rentrée 2020, il limitait jusque là le nombre d'étudiants admis en second année d'études de médecine, mais aussi de sages-femmes, d'odontologie ou de pharmacie.

Le plan global sera doté d'un budget de 3,4 milliards d'euros d'ici 2022, a indiqué le ministère de la Santé à l'AFP. Cela représente environ 400 millions d'euros. Ils pourront également pratiquer des "actes simples comme une prise de tension ou de température" pour décharger les médecins.

Des postes subventionnés, réservés aux praticiens exerçant en groupe ou au sein d'une équipe de soins, et à la condition qu'ils s'engagent à accepter de nouveaux patients et à assurer les "urgences de ville", c'est-à-dire des consultations sans rendez-vous en journée. En revanche, le président s'est refusé à recourir à la "contrainte" pour obtenir des tours de garde les nuits et les week-ends. Fin des quotas confirmée en études de médecine.

"La création de postes d'" assistants médicaux ", à mi-chemin entre la secrétaire et l'infirmière, doit permettre aux médecins libéraux de se concentrer sur leur métier. Une loi va être promulguée, déclare-t-elle notamment. "Certaines activités devront fermer", a prévenu M. Macron, en détaillant la réorganisation de l'offre en trois catégories. Il va, en outre, rebattre la carte hospitalière, pour " organiser une vraie gradation des soins ", notamment en regroupant les blocs chirurgicaux et les maternités dans les plus gros établissements, pour leur assurer une activité plus importante, gage de qualité.

Un nouveau statut d'hôpital " de proximité " sera créé par une loi en 2019 pour les 600 plus petits établissements, qui seront " réorientés sur des priorités " incluant la gériatrie, la rééducation, l'imagerie, la biologie ou encore la télémédecine.

Mais le gouvernement lorgne aussi le gisement d'économies des actes "inutiles", favorisés par la très décriée "tarification à l'activité" (T2A).

Dès 2019, de nouveaux financements seront mis en œuvre pour des maladies chroniques comme le diabète et l'insuffisance rénale, obligeant hôpitaux et professionnels de santé libéraux à se coordonner et à partager une rémunération forfaitaire. "Nos décisions sur le numerus clausus auront un impact dans 15 ans ".