Lundi, 15 Octobre, 2018

Affaire Sonatrach-Saipem : 5 ans de prison pour Farid Bedjaoui

Farid Bedjaoui Farid Bedjaoui
Napoleon Lievremont | 24 Septembre, 2018, 14:17

Lors de son réquisitoire du mois de février dernier, le procureur du tribunal de Milan avait indiqué qu'"il y a un groupe criminel organisé avec une composante franco-algérienne et de l'autre, une structure organisationnelle" à l'intérieur d'ENI et de Saipem.

Au moins trois Algériens ont été condamnés, hier, par le tribunal de Milan, en Italie, à de lourdes peines de prison dans l'affaire des pots- de-vin versés par la société italienne Saipem pour obtenir des marchés en Algérie.

Poursuivi pour avoir versé plusieurs millions de pots-de-vin, l'homme d'affaires algérien a été condamné à cinq ans et cinq mois de prison par le tribunal de Milan.

Ce versement aurait permis à Saipem d'obtenir des contrats en Algérie pour un total de 8 milliards d'euros. Ses proches, Samir Ouraied et Omar Habour, soupçonné d'avoir participé au blanchiment de l'argent, qui n'ont pas non plus assisté au procès ont été condamné à 4 ans et un mois de prison.Côté italien le groupe pétrolier italien Eni et son ex-patron Paolo Scaroni ont été acquittés. En revanche, l'ancien P-DG d'ENI, la maison-mère de Saipem, a été acquitté, le tribunal estimant qu'il n'était pas au courant des faits. Et son président à l'époque des faits, Pietro Tali, s'est vu infliger 4 ans et 9 mois de prison. Il avait évoqué des "éléments de preuve", en particulier des versements, pour des activités fictives, à la société de M. Bedjaoui, Pearl Partners, dont le siège est à Hong Kong. Il a été un temps inquiété par la justice algérienne, qui avait émis un mandat d'arrêt international contre lui alors qu'il se trouvait aux Etats-Unis, mais les poursuites ont été abandonnées en 2015 et il est depuis rentré en Algérie. Selon lui, ces pots-de-vin étaient un "carton d'invitation payé par Saipem pour évincer ses adversaires" et s'assurer "les faveurs du ministre (.) Khelil et sa protection au moment des appels d'offres". Mais le tribunal de Milan a jugé que le second fait n'était pas avéré.Le tribunal a également rejeté les demandes d'indemnisation de Sonatrach et de l'agence de recouvrement italienne.