Vendredi, 19 Octobre, 2018

Pourquoi Donald Trump peut être inquiet — Affaire russe

Donald Trump à la Maison-Blanche mercredi Donald Trump à la Maison-Blanche mercredi. Carlos Barria Reuters
Manon Joubert | 05 Août, 2018, 04:43

Paul Manafort "n'a aucune information incriminant le président", avait martelé lundi l'avocat de Donald Trump, Rudy Giuliani, sur CNN.

Les faits reprochés à Paul Manafort ont en effet été découverts lors de l'enquête explosive que M. Mueller mène sur les soupçons d'ingérence russe dans la présidentielle américaine de novembre 2016.

Dans une série de tweets, M. Trump a déclaré que M. Sessions devrait clore l'enquête menée par le procureur spécial Robert Mueller, dans ce qu'il a qualifié de "chasse aux sorcières biaisée". "Ce n'est pas un ordre, c'est l'opinion du président", a dit sa porte-parole Sarah Sanders.

Donald Trump tente depuis plusieurs mois de discréditer cette investigation, qu'il juge minée par des conflits d'intérêt prêtés à Robert Mueller. Le président américain veut "la voir arriver à sa fin", a-t-elle ajouté. L'ancien avocat du président s'est d'ailleurs dit disponible pour répéter ses informations devant le procureur Mueller.

Après près de quatre heures, les douze jurés -six femmes et six hommes- ont été sélectionnés pour le procès qui devrait durer trois semaines.

Alors que l'enquête russe se poursuit aux Etats-Unis, Donald Trump a franchi une nouvelle étape dans sa surenchère verbale contre le procureur spécial Robert Mueller. C'est le n°2 de la Justice, Rod Rosenstein, qui a le pouvoir d'y mettre fin. Il est le premier lié à l'affaire russe et le signe que les investigations ne ralentissent pas.

De son côté, Donald Trump a critiqué le traitement de Paul Manafort, le comparant Al Capone. Il est pousuivi pour fraude bancaire et fraude fiscale et sous le coup de 18 chefs d'inculpation.

Sans rougir de ces richesses, les revendiquant au nom de son dur travail aux quatre coins du monde, la défense a décrit un professionnel reconnu "très occupé", déléguant la gestion des affaires quotidiennes à son associé, Richard Gates, un témoin à charge clé à venir dans ce procès, qui aurait "profité de sa confiance".

Bien que le président n'a pas été accusé de collusion avec le gouvernement russe, il a été sur la défensive, l'appel de l'enquête, une "chasse aux sorcières".

Paul Manafort worked for Ronald Reagan, Bob Dole and many other highly prominent and respected political leaders. "Si on regarde l'Histoire, qui a été plus mal traité, Alfonse Capone, le mafieux légendaire, tueur et "Ennemi Public Numéro Un", ou Paul Manafort, spécialiste politique et apprécié de Reagan/Dole, maintenant placé à l'isolement- alors qu'il n'a été condamné pour rien?" Where is the Russian Collusion?

Mais dans la salle d'audience d'Alexandria, près de la capitale, passant la main dans sa mèche impeccablement coiffée, prenant des notes et laissant même échapper un sourire aux plaisanteries du juge T.S Ellis III, Paul Manafort, 69 ans, a semblé retrouver de sa superbe d'ancien conseiller de puissants républicains et de sulfureux dirigeants étrangers.

Le candidat puis dirigeant ukrainien représentait une véritable "poule aux oeufs d'or" pour l'équipe Manafort, selon les procureurs, avec quelque 60 millions de dollars de revenus entre 2010 et 2014.

Paul Manafort a demandé que les détails de ses activités en Ukraine soient tenus en dehors du procès actuel. Dans un tweet mercredi, le président des Etats-Unis a évoqué une situation "épouvantable" à propos de l'enquête du procureur Robert Mueller dont il fait l'objet.