Mardi, 14 Août, 2018

Nouvelles frappes israéliennes après un tir de roquette loin en Israël — Gaza

Bande de Gaza Tsahal frappe la bande de Gaza en réponse aux tirs de roquettes REUTERS Amir Cohen
Manon Joubert | 10 Août, 2018, 01:40

Hormis Sdérot, la plupart des projectiles sont tombés dans des zones inhabitées et le système de défense antiaérienne israélien a intercepté plus de 30 engins, selon l'armée.

Le mouvement islamiste Hamas qui dirige la bande de Gaza et ses alliés avaient décidé de faire taire les armes jeudi midi après un barrage de roquettes contre Israël, dont la lourde riposte aérienne contre des dizaines de cibles a coûté la vie à une Palestinienne enceinte et son bébé.

Israël et le Hamas se sont livré trois guerres depuis 2008. Trois autres personnes ont été atteintes de la sorte, ont indiqué les secours.

Un calme précaire s'était instauré dans l'après-midi dans le territoire et sur ses pourtours israéliens à la suite de l'annonce par les groupes armés palestiniens qu'ils considéraient "cet épisode d'escalade comme terminé".

Une Thaïlandaise d'une trentaine d'années a cependant été gravement touchée au ventre par des éclats jeudi matin.

Le service de presse de l'Armée de défense d'Israël a publié une vidéo montrant une frappe de l'armée de l'air contre des "sites militaires stratégiques" palestiniens dans la bande de Gaza.

La brusque montée de tension de mercredi intervient alors qu'Israël et le Hamas discutent indirectement d'une éventuelle trêve, par l'intermédiaire de l'Egypte et l'ONU.

Un responsable du Hamas a confirmé l'arrêt de ces tirs.

Israël s'est retiré de Gaza en 2005, deux ans avant que le Hamas ne prenne le contrôle du territoire.

Les accès de fièvre se multiplient depuis le 30 mars et le début d'un mouvement de protestation palestinien le long de la barrière de sécurité. Les tensions ont été exacerbées par le transfert, le 14 mai par les Etats-Unis, de leur ambassade de Tel-Aviv à Jérusalem.

Au moins 165 Gazaouis ont été tués par des tirs israéliens depuis le 30 mars. Les sirènes d'alerte ont retenti pour la première fois dans cette localité depuis la guerre menée en 2014 dans l'enclave palestinienne.

"Je suis profondément inquiet de l'escalade de violence entre Gaza et Israël, et en particulier au sujet des nombreuses roquettes tirées aujourd'hui vers des localités du sud d'Israël", a déclaré le coordinateur spécial de l'ONU pour le processus de paix au Moyen-Orient, Nickolay Mladenov.

La nouvelle poussée de fièvre entre Israël et le Hamas fait craindre un échec des efforts pour éviter un nouveau conflit.

Les événements de la nuit sont le troisième affrontement majeur depuis juillet, faisant redouter une spirale meurtrière sans fin.

Le président palestinien Mahmoud Abbas, cité par l'agence Wafa, a réclamé l'intervention " immédiate et urgente " de la communauté internationale. "Le Hamas, pour sa part, propose de réaliser un accord plus large d'échange de prisonniers, ce que le Premier ministre Benyamin Nétanyahou et sa coalition d'extrême droite rechignent à accepter". Le cabinet devrait évaluer la situation et les perspectives des discussions indirectes en cours pour forger une trêve à long terme.

L'un des membres du cabinet, le ministre de l'Énergie Youval Steinitz, a reflété le pessimisme à la radio publique. Le commandement de l'armée israélienne a ensuite admis que l'attaque contre le Hamas avait été décidée après que l'armée a estimé "par erreur" que des tirs contre des soldats provenaient de cette position, précise le quotidien palestinien.

"Nous sommes à la croisée des chemins".

La destruction de la bâtisse de cinq étages appartenant au Hamas selon Israël apparaît elle-même comme la riposte à une mise en garde des groupes armés palestiniens à l'adresse d'Israël.