Samedi, 20 Octobre, 2018

Le droit à l'avortement devra attendre malgré la mobilisation — Argentine

Argentine : la légalisation de l'avortement rejetée par les sénateurs Argentine : le Sénat rejette la légalisation de l’avortement
Manon Joubert | 10 Août, 2018, 05:11

Des incidents isolés ont éclaté après l'annonce des résultats du vote.

Depuis plusieurs mois, la société argentine était profondément divisée sur la question. Malheureusement, pour les nombreuses militantes argentines qui étaient descendues dans la rue pour se faire entendre, le Sénat n'a pas suivi le mouvement des députés qui avaient pourtant approuvé, le 14 juin dernier, le texte de loi légalisant l'avortement en Argentine (129 pour et 125 contre).

" Avortement légal à l'hôpital ", scandaient un groupe de jeunes femmes, portant des perruques vertes, la couleur du foulard triangulaire symbole de leur lutte.

Ce sont les mouvements féministes qui avaient donné ces deux dernières années un élan déterminant à la revendication du droit à l'avortement en Argentine, ce qui a conduit le président argentin de centre-droit Mauricio Macri à ouvrir le débat au parlement, pour la première fois de l'histoire du pays sud-américain.

38 sénateurs ont dit "non" au texte autorisant l'IVG pendant les 14 premières semaines de grossesse, 31 ont voté en faveur et deux se sont abstenus.

D'un côté, les militants anti-IVG se sont réunis devant le Parlement (à Buenos Aires), pour laisser éclater leur joie.

La Conférence épiscopale argentine, qui rassemble les évêques catholiques du pays, a réagi dans un communiqué à la décision du Sénat: "Nous remercions les hommes et les femmes, au Sénat et au sein des institutions, qui se sont prononcés en faveur de la vie". Au Sénat, chacune des 24 provinces dispose de trois représentants, quel que soit son poids démographique. La capitale et la province de Buenos Aires, plus favorables à l'IVG, y sont sous-représentées alors qu'elles abritent plus du tiers de la population du pays.

Les partisans de la légalisation, eux, devront désormais attendre 2020 pour que la question puisse de nouveau être examinée par le Parlement.

D'après les estimations, 500.000 avortements sont pratiqués chaque année en Argentine, dans des cliniques privées ou dans des conditions d'hygiène très précaires selon la situation écononomique. "Quand les députés pensent d'une manière et les sénateurs d'une autre".