Mercredi, 15 Août, 2018

Le "crocodile" président du zimbabwe

Zimbabwe la police tire des gaz lacrymogènes contre des partisans de l'opposition Monde Zimbabwe la police tire des gaz lacrymogènes contre des partisans de l'opposition
Manon Joubert | 03 Août, 2018, 17:08

Au Zimbabwe, sans surprise le président Emmerson Mnangagwa est déclaré vainqueur de l'élection présidentielle dès le premier tour avec un score de 50,8% des suffrages. "Les résultats de l'élection présidentielle commenceront à être annoncés ce soir à partir de 22 heures", a indiqué jeudi le porte-parole de la commission électorale (ZEC), Qhubani Moyo, pressé par la communauté internationale de les publier au plus vite".

Il a accusé la Commission électorale zimbabwéenne de partialité en faveur du parti au pouvoir, la Zanu-PF.

"Par conséquent, Emmerson Mnangagwa Dambudzo du parti de la Zanu-PF est déclaré président élu de la République du Zimbabwe, à compter du 3 août", a annoncé la présidente de la commission électorale, Priscilla Chigumba, sous quelques acclamations. L'armée a ouvert le feu sur des manifestants de l'opposition qui protestaient contre des fraudes.

Il a également appelé à l'apaisement dans son pays alors que l'armée patrouillait dans les rues de Harare dans l'attente des résultats de la présidentielle.

La communauté internationale s'est inquiétée de ces tensions post-électorales.

Ni la Zanu-PF ni le MDC n'ont immédiatement réagi à ces premiers résultats officiels des législatives, mais le patron du MDC, Nelson Chamisa, a affirmé que ceux de la présidentielle étaient en train d'être truqués.

"Les résultats sont biaisés, donnant l'impression que la Zanu-PF a gagné pour que nous préparions à la victoire de ED (Emmerson Mnangagwa)", a ajouté Lawrence Maguranyi, un étudiant de 21 ans. Le Royaume-Uni, ancienne puissance coloniale du Zimbabwe, a demandé à Harare de retirer l'armée des rues de la capitale.

Après ces violences, le gouvernement a prévenu qu'il ne " tolérerait " aucune contestation.

Mercredi matin, plusieurs centaines de partisans de l'opposition se sont rassemblés devant le siège du MDC à Harare, où étaient stationnés des camions équipés de canons à eau et du personnel anti-émeute.

La situation était calme dans le centre ville, théâtre des violences la veille, ont constaté des journalistes de l'AFP. "On espérait avoir un nouveau dirigeant et un nouveau gouvernement avec des nouvelles idées".

"Quelle perte de temps de s'être inscrit sur les listes électorales, d'avoir voté pour avoir au final des gens tués", a estimé, dépitée, Sharon Nhamo, une employée de stationnement de 40 ans. Le président Mnangagwa, soucieux de se démarquer de son prédécesseur, avait promis des élections libres, pacifiques et transparentes, dans l'espoir d'attirer de nouveau les investisseurs occidentaux dans son pays au bord de la faillite. "Nous avons tous été naïfs, y compris la communauté internationale", a estimé Ibbo Mandaza, un analyste du groupe de réflexion Southern African Political and Economic Series (SAPES) basé à Harare.