Mardi, 14 Août, 2018

L'Arabie Saoudite expulse l'ambassadeur du Canada

Plusieurs militaires en uniforme se tiennent bien droits de chaque côté d'un lutrin où un homme parle à des journalistes. Derrière des drapeaux et des portraits de Simon Bolivar et de Hugo Chavez sont posés devant un mur blanc Le ministre vénézuélien de la Défense Padrino Lopez lors d'une conférence de presse avec d'autres hauts gradés de l'armée
Manon Joubert | 07 Août, 2018, 02:45

L'Arabie saoudite a annoncé, lundi 6 août, qu'elle avait ordonné l'expulsion de l'ambassadeur du Canada à Riyad et qu'elle rappelait son propre ambassadeur à Ottawa après une " ingérence " commise, selon elle, par le Canada dans ses affaires intérieures.

"Le Canada défendra toujours la protection des droits humains, notamment des droits des femmes et de la liberté d'expression partout dans le monde", a-t-elle ajouté.

En outre, Riyad a annoncé que le royaume avait décidé de geler toutes nouvelles transactions concernant le commerce et les investissements avec le Canada ainsi que de suspendre tous les programmes d'échange dans le domaine de l'éducation.

Le royaume d'Arabie saoudite "n'acceptera d'aucun pays une ingérence dans ses affaires intérieures ou des diktats imposés", a répondu le ministère saoudien des Affaires étrangères.

Les autorités saoudiennes ont donné 24 heures à l'ambassadeur canadien pour quitter le Royaume et a rappelé son ambassadeur à Ottawa pour des consultations.

Samar Badaoui, une militante de l'égalité entre hommes et femmes, a été arrêtée la semaine dernière avec sa collègue Nassima al-Sadah.

Parmi les militants arrêtés figurent la soeur d'un blogueur, lui-même emprisonné depuis 2012, Raef Badaoui. Il a été condamné en novembre 2014 à dix ans de prison et à 1 000 coups de fouet pour "insulte à l'islam". L'épouse de M. Badaoui est installée au Québec depuis 2013 avec ses trois enfants. Un emprisonnement qui fait suite à celui d'une dizaine de militantes des droits des femmes, quelques semaines auparavant.

Certaines ont été relâchées depuis.

Ces arrestations ont eu lieu malgré une séries de réformes entreprises par le prince héritier pour redorer l'image ultra-conservatrice du royaume, comme l'autorisation de conduire pour les femmes.

"Il est plus facile de rompre les liens avec le Canada qu'avec les autres" pays, explique à l'AFP Bessma Momani, de l'université de Waterloo au Canada.

L'Irlande, l'Australie, la Nouvelle-Zélande, le Japon et Singapour sont également des destinations envisagées, a-t-il précisé, alors que les milliers d'étudiants sont accompagnés par plus de 5 000 personnes également à la charge des autorités.