Mardi, 14 Août, 2018

Fin de vie: Marie Humbert, mère de Vincent, s'est éteinte

Marie Humbert en 2008 Marie Humbert en 2008
Max Fresnel | 06 Août, 2018, 06:04

Vincent Humbert avait été hospitalisé en septembre 2000 au CHU de Rouen avant d'intégrer le centre Hélio-Marin de Berck-sur-Mer.

"Marie Humbert est décédée vers minuit des suites d'une longue maladie dans une clinique à Evreux. Elle était hospitalisée depuis un an", a déclaré à l'Agence France-Presse Frédéric Veille auteur de l'ouvrage Je vous demande le droit de mourir.

En 2003, Marie Humbert avait administré une potion létale à son fils Vincent, très gravement handicapé. Elle avait fait une promesse à son fils qui était de poursuivre son combat et que la loi sur l'euthanasie évolueElle est partie déçue et amère de ne pas avoir été au bout de son combat.

Marie Humbert était une femme "poignante qui a tout sacrifié au moment de l'accident de son fils pour être auprès de lui", déclare ce dimanche son amie, la députée Brigitte Bourguignon.

Marie Humbert en 2006.

Son histoire, qui avait ému la France entière, avait permis de relancer le débat sur la fin de vie, débouchant sur la loi Leonetti en 2005. Elle exauçait ainsi le souhait de son enfant, qui, quelques mois plus tôt, avait écrit au président de la République de l'époque, Jacques Chirac, pour lui demander le droit de mourir, en vain.

A l'annonce de son décès, le président de l'Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD), Jean-Luc Romero, a donc tenu à réagir sur Twitter et Facebook, faisant part de "son énorme tristesse". Je garderai d'elle le souvenir d'une femme si courageuse qui aura porté sans relâche les combats pour une fin de vie digne. Le chef de l'Etat lui avait répondu: "je ne peux vous apporter ce que vous attendez". Plongé dans le coma pendant deux jours, Vincent est finalement débranché par le médecin réanimateur, le docteur Frédéric Chaussoy. Elle a instauré un droit au "laisser mourir" en donnant aux médecins la possibilité de décider collégialement "de limiter ou d'arrêter un traitement inutile, disproportionné ou n'ayant d'autre objet que la seule prolongation artificielle de la vie". Tétraplégique, muet et quasiment aveugle à la suite d'un accident de la route, mais disposant de ses facultés intellectuelles, Vincent Humbert meurt le 26 septembre 2003. "Mais, enfin, c'est à cause ou grâce à nous que la législation française a pu évoluer", a-t-il ajouté.