Mardi, 14 Août, 2018

Échec d'une double motion de censure ciblant le gouvernement — France

Affaire Benalla : qu'en disent les députés martiniquais avant le vote d'une motion de censure ? Affaire Benalla EN DIRECT: Le gouvernement fait face à deux motions de censure à l'Assemblée
Manon Joubert | 03 Août, 2018, 16:19

"L'essentiel ce n'est pas l'affaire en elle-même", mais "de se poser la question de savoir pourquoi la pratique du pouvoir par le président de la République encourage ou permet l'impunité de personnes comme M. Benalla", a plaidé M. Chassaigne avant la discussion. "Une alerte", selon le terme du patron du PS, Olivier Faure, symbolisée par le report à la rentrée de la révision constitutionnelle voulue par le chef de l'Etat. Celle des gauches a été votée par 74 députés.

Seuls 143 députés, ceux du groupe de Christian Jacob, les 17 Insoumis et 14 communistes, mais aussi 11 non inscrits, dont Marine Le Pen, ont voté cette motion. Les deux votes n'ont pas permis d'obtenir la majorité des voix susceptible de renverser le gouvernement. Les faits révélés le 4 décembre 2012, une commission d'enquête demandée début avril, et le début des travaux le 15 mai. Ce scandale, a-t-il poursuivi, n'est "pas la dérive d'un homme jeune, immature, et impulsif", mais "celui d'un chef de l'Etat, il l'a reconnu, qui a privilégié un homme qui lui a rendu des services". Les Insoumis voteront la motion de la droite. Il a renvoyé droite et gauche à leur inertie supposée, dans le dossier des sondages de l'Elysée en 2010, sous Nicolas Sarkozy, et dans l'affaire Cahuzac en 2012 sous François Hollande. "(...) La démocratie a fonctionné", a-t-il affirmé, ignorant sciemment la faiblesse d'une sanction partielle (la retenue sur salaire n'a même pas été appliquée) et niant toute "dérive monarchique", alors que l'Élysée a couvert les faits.

"Vos motions de censure ne sont rien d'autre que des motions de blocage", a ajouté le Premier ministre français, soulignant que le gouvernement n'avait "nullement l'intention de ralentir". "Nous ne lâcherons rien, nous irons jusqu'au bout de notre projet".

A quoi servent les motions de censure?

De son côté, Manuella Kéclard-Mondésir, (membre du Groupe Des Radicaux et Républicains, classé à gauche), condamne les faits elle aussi, sans pour autant mettre en cause le Président Macron, puisqu'elle n'a signé aucune motion.

Sur Twitter, la majorité s'est également lâchée, comme la secrétaire d'État Brune Poirson regrettant de "devoir entendre des amis de circonstances parler théorie du complot et fakenews". Pour la majorité, le dossier Benalla n'était d'ailleurs "qu'un prétexte " des oppositions pour bloquer cette réforme.

Quant au député PCF, André Chassaigne, il a expliqué les raisons de la motion de la gauche par le mensonge du gouvernement et son refus de s'expliquer.

Mardi matin, Christophe Castaner, délégué général de La République en marche, a annoncé devant la commission d'enquête du Sénat qu'une procédure de licenciement avait été engagée par le parti contre son employé Vincent Crase, présent aux côtés de M. Benalla lors de la Fête du travail, et mis en examen comme lui.