Samedi, 20 Octobre, 2018

Budget 2019. Les mesures qui vous concernent

Le Premier ministre Edouard Philippe lors d'une session de questions au gouvernement à l'Assemblée le 2 juillet 2018 à ParisPlus Le Premier ministre Edouard Philippe lors d'une session de questions au gouvernement à l'Assemblée le 2 juillet 2018 à ParisPlus
Napoleon Lievremont | 27 Août, 2018, 02:52

Pour limiter le dérapage des finances publiques, les économies porteront comme attendu sur les aides sociales - dont le coût avait fait débat au printemps - ainsi que sur des suppressions de postes dans la fonction publique. "En trois ans, le nombre de journées indemnisées est passé de 11 à 12 par an et par salarié du privé", a noté le Premier ministre.

Le 1er août, le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin avait également abaissé la prévision de croissance pour la France en 2018, qui était de 2% jusqu'alors, estimant qu'elle ne serait "pas inférieure à 1,8%".

Gérald Darmanin avait en revanche précisé que "nous ne changeons pas notre objectif de 2,3% de déficit" pour l'année en cours. Édouard Philippe a concédé que " si la croissance ralentit, il y aura forcément un impact " sur le déficit. Dans le même temps, Edouard Philippe assure que "la maîtrise de la dépense publique et de la dette " restent des priorités.

Ainsi, le Premier ministre a expliqué que les retraites (tout comme l'aide personnalisée au logement et les allocations familiales) allaient progresser de 0,3 % par an en 2019 et en 2020. C'est nettement moins que l'inflation, qui a accéléré et s'élevait en juillet à 2,3 % sur un an. Dans un entretien au Journal du dimanche, le Premier ministre, Edouard Philippe, confirme ainsi une piste évoquée dans la presse ces derniers jours: si "aucune prestation sociale ne sera réduite", jure le chef du gouvernement, les APL, les allocations familiales et les pensions de retraite "progresseront de façon plus modérée", à peine +0,3% par an en 2019 et en 2020.

"Il a en outre assuré que " la prime d'activité, le minimum vieillesse, l'allocation pour les adultes handicapés " augmenteraient, quant à eux, " très significativement ", conformément aux promesses de campagne du président Emmanuel Macron.

Le Premier ministre a exprimé l'intention du gouvernement de soutenir le pouvoir d'achat des salariés, annonçant que "dès le 1er septembre 2019, les cotisations salariales sur les heures supplémentaires seront supprimées pour tous les salariés, dans le privé comme dans le public".

"Pour une personne payée au smic, cette mesure représentera en moyenne plus de 200 euros supplémentaires par an, estime Edouard Philippe". Tout d'abord, il a déclaré qu'il allait transformer le CICE "en allègement de charges pérennes", diminuer le financement des politiques "qui ne sont pas efficaces" - aides au logement, aux contrats aidés - et avancer vers une suppression "progressive" de la taxe d'habitation, des cotisations salariales chômage et maladie.

Dans ses arbitrages, le gouvernement a fait le choix d'une politique "qui privilégie (.) la rémunération de l'activité et qui rompt avec l'augmentation indifférenciée des allocations", a expliqué le locataire de Matignon. "C'est par le retour à l'activité et une meilleure rémunération du travail que notre pays sera plus prospère", se justifie le Premier ministre dans le JDD. Il n'a en revanche pas donné de nouveau chiffre, alors que l'exécutif table jusqu'à présent sur un déficit de 2,4% l'an prochain.

Avec cette rentrée médiatique du Premier ministre, la droite ne manquera pas de marteler que le gouvernement ne va pas assez loin dans les économies et les suppressions de poste de fonctionnaires - Philippe en annonce 4 500 en 2019 et plus de 10 000 en 2020, loin des 50 000 dans la fonction publique d'Etat promis sur le quinquennat - et vise encore les retraités. "Nous tiendrons l'objectif du président de la République de supprimer 50 000 postes à l'horizon 2022", selon lui".