Mercredi, 17 Octobre, 2018

Benalla : le couple molesté à la Contrescarpe n’aurait pas caché son identité

Alexandre Benalla et Vincent Crase interviennent le 1er mai aux côtés des forces de police. Avec le haut gris l'homme de 29 ans Affaire Benalla : le couple de la Contrescarpe n'aurait pas menti à la police
Manon Joubert | 08 Août, 2018, 00:39

Me Saber affirme également que, contrairement à ce qui avait été avancé dans un premier temps, le couple a accepté de donner son identité dès son interpellation: "M. Collomb avait aussi indiqué qu'il s'agissait de casseurs qui avaient donné une fausse identité, c'est également faux, puisque la jeune femme a donné une bonne identité et le jeune homme lui, a un nom d'origine grecque, son nom et son prénom ont été très mal orthographiés, mais à aucun moment, il n'a donné une fausse identité".

C'est une autre anecdote révélée par le Canard enchaîné à paraître ce mercredi: interrogé par les commissions d'enquête de l'Assemblée puis du Sénat, Michel Delpuech a toujours assuré qu'il connaissait à peine Alexandre Benalla.

Le journal Le Monde appuie ses nouvelles révélations sur des courriers de deux services de police adressés au procureur de la République François Molins. Les deux jeunes gens n'ont jamais dissimulé leur identité et n'ont pas provoqué de violences "graves" et "répétées" contre les CRS présents place de la Contrescarpe le 1er Mai. Selon ce dernier, le couple, lui jeune Grec et travaillant à Paris comme cuisinier, et elle graphiste française se trouvaient place de la Contrescarpe le 1er mai, où quelques dizaines de manifestants se sont retrouvés. Ils sont en effet soupçonnés d'avoir jeté sur un CRS des bouteilles, ce qui a motivé notamment l'intervention d'Alexandre Benalla et de Vincent Crase (selon leur version). Interrogé par le Canard enchaîné, le préfet de police se justifie d'un "pur geste de courtoisie".

M. Dupuch répond dès le lendemain, déplorant que le jeune couple brutalisé n'ait pas été déféré.

Mêmes son de cloche du côté de la sûreté territoriale de Paris qui a expliqué au procureur de Paris que lorsque les fiches des interpellations ne faisaient "pas état d'infractions de violences volontaires graves ou répétées" à l'encontre de la police "ou d'atteintes particulières ou dangereuses" alors les personnes étaient relâchées.

D'après le préfet de police de Paris Michel Delpuech, le 25 juillet, devant la commission des lois de l'Assemblée nationale, ils "n'avaient pas de papiers sur eux" et avaient "déclaré de fausses identités".