Dimanche, 22 Juillet, 2018

Turquie : plus de 18 000 fonctionnaires limogés dans une nouvelle purge

Turquie: plus de 18 000 fonctionnaires limogés Monde Turquie: plus de 18 000 fonctionnaires limogés Monde Turquie: plus de 18 000 fonctionnaires limogés dans une nouvelle purge
Napoleon Lievremont | 10 Juillet, 2018, 00:57

Au total, 18'632 personnes, dont plus de 9000 fonctionnaires de police et 6000 membres des forces armées, ont vu leur nom publié dans le décret de dimanche.

"Les alliés occidentaux de la Turquie ont accusé le président Erdogan d'utiliser le putsch manqué de juillet 2016 comme une excuse pour sévir" contre ses opposants, rappelle le site d'information britannique.

Parmi les 18632 fonctionnaires limogés à la suite d'un décret-loi paru dimanche, se trouvent 8998 policiers, 3077 soldats de l'armée de terre, 1949 de l'armée de l'air, 1126 de la marine, 1052 employés du ministère de la Justice, 649 gendarmes, 199 universitaires... Ce dernier est présenté comme le dernier pris sous l'état d'urgence instauré au lendemain du putsch manqué de juillet 2016 et sans cesse renouvelé depuis.

Après la prestation de serment, M. Erdogan, présidera une cérémonie au palais présidentiel, inaugurant une nouvelle ère dans l'histoire moderne de la Turquie avec le passage au système présidentiel, aux termes d'une révision constitutionnelle adoptée par référendum avec une marge étroite en avril 2017. Celui qui règne déjà sur la Turquie depuis 15 ans détiendra désormais l'ensemble des pouvoirs législatifs, le poste de Premier ministre étant supprimé, et pourra promulguer des décrets présidentiels.

Plusieurs ONG de défense des droits de l'Homme ainsi que l'opposition turque voient, dans ce qu'ils qualifient de "purge", une tentative de faire taire toute voix critique.

Le texte annonce par ailleurs que douze associations, trois journaux et une chaîne de télévision ont été fermés par ce même décret.

Parmi les journaux sanctionnés figurent le quotidien en langue kurde Welat édité dans la province de Diyarbakir (sud-est) ainsi que le journal prokurde Ozgurlukcu Demokrasi dont les locaux à Istanbul avaient été perquisitionnés par la police en mars. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, rediffusée, traduite, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP.