Lundi, 16 Juillet, 2018

Le Premier ministre grec est disposé à aider Angela Merkel — Sommet européen

Merkel dos au mur avant un sommet européen crucial Angela Merkel en conseil des ministres à Berlin le 27 juin 2018
Manon Joubert | 03 Juillet, 2018, 08:35

Le gouvernement de Mme Merkel est fragilisé par l'exigence de son ministre de l'Intérieur Horst Seehofer d'engranger au niveau européen un résultat sur le dossier dossier migratoire avant la fin du mois.

Le parti bavarois combat depuis le début l'accueil généreux des demandeurs d'asile décidé en 2015 par Angela Merkel, alors que l'Europe était confrontée à une crise des réfugiés sans précédent depuis la fin de la Seconde guerre mondiale.

Mais cette stratégie se retourne à présent contre elle.

Dimanche, selon d'autres médias, il a déploré auprès de ses collègues de l'Union sociale-chrétienne (CSU) s'être "déplacé spécialement à Berlin" alors que la chancelière "n'a pas bougé d'un iota" sur les revendications migratoires du ministre.

Volker Kauder, président du groupe CDU-CSU au Bundestag, a admis pour sa part que la coalition demeure divisée malgré les négociations de mardi soir. Le ministre veut les refouler à la frontière, la chancelière refuse en invoquant la libre-circulation et la préservation de l'UE. Une partie des réponses sont à trouver dans les origines de cet homme de 68 ans, aux racines profondément ancrées dans "l'Etat libre de Bavière", le nom officiel de ce Land qui s'est toujours rêvé un destin à part dans l'histoire allemande.

Horst Seehofer juge d'autant plus légitime la fermeture des frontières à une large part des demandeurs d'asile que sa région constitue la principale porte d'entrée pour les migrants désireux de venir en Allemagne.

Aimant régulièrement porter la culotte de cuir traditionnelle bavaroise, ce catholique convaincu est né et a grandi à Ingolstadt, fief de Audi, située entre Munich et Nuremberg. Issu d'un milieu modeste, M. Seehofer ne cache pas qu'il n'a pas obtenu son baccalauréat. Il a assumé plusieurs portefeuilles ministériels sous Helmut Kohl et dans le premier cabinet de Mme Merkel.

Mais le temps file depuis que M. Seehofer a lancé un ultimatum à Mme Merkel la semaine dernière: à défaut de parvenir à une solution européenne lors du Conseil européen, il refoulera de sa propre autorité les migrants à la frontière " dès juillet", a-t-il prévenu.

Sa carrière aurait pu tourner court en 2002. En soins intensifs pendant plusieurs semaines en raison d'une myocardie, il s'en sort avec seulement un coeur affaibli.

La contestation du cap d'Angela Merkel sur les migrants - alors que la CSU et la CDU sont alliés depuis 1949 - lui a redonné depuis trois ans une nouvelle énergie. A travers ce bras de fer, ce géant d'1,93m, vieux briscard de la politique, entend d'abord sauver l'emprise de sa famille politique sur le plan local.

La CSU, dont l'électorat en Bavière est rongé par l'extrême droite (AfD), a fomenté sa fronde pour regagner le terrain perdu à l'approche de régionales à l'automne. A peine nommé, il a déclenché sa première polémique en assurant que "l'Islam n'appartient pas à l'Allemagne", un pays où vivent 4 millions de musulmans.

Le quotidien Tagesspiegel la résume ainsi: "L'Allemagne d'abord, l'Europe en deuxième".