Mardi, 13 Novembre, 2018

Le Conseil européen approuve les demandes de l’Italie — Migrants

Migrations : les Européens ont trouvé un accord au bout de la nuit Malgré les dissensions, les pays de l'UE trouvent un accord sur la question migratoire
Manon Joubert | 01 Juillet, 2018, 08:06

"La solidarité que nous devons aux premiers pays d'entrée a été actée lors de ce sommet", a ajouté le président français. L'objectif de ce nouvel accord, mieux protéger les frontières et apporter un soutien aux pays qui accueillent la majorité des migrants.

C'est un " immense succès", a renchéri son homologue polonais Mateusz Morawiecki, dont le pays avait comme la Hongrie rejeté les quotas de répartition instaurés provisoirement de 2015 à 2017.

Le chef du gouvernement populiste italien, Giuseppe Conte, le 28 juin à Bruxelles.

La chancelière allemande Angela Merkel s'est pour sa part félicitée du "signal positif" produit par ce sommet: "Somme toute, après une discussion intense sur le sujet le plus sensible qui soit pour l'Union européenne, c'est-à-dire la migration, le fait que nous soyons parvenus à texte commun est un signal positif en soi".

Des tractations s'étaient ensuite engagées, sur la base notamment de propositions préparées par Giuseppe Conte avec le président français Emmanuel Macron, selon des sources diplomatiques. Il s'agit de regrouper, au nord de l'Afrique plutôt qu'au sud de l'Europe, les migrants sauvés dans les eaux territoriales libyennes ou dans les eaux internationales, tout en respectant un principe intangible du droit maritime: la destination doit être le port le plus sûr et le plus proche.

Le Président du Conseil italien avait mis la pression jeudi après-midi à Bruxelles à ses partenaires européens en refusant de prendre acte des conclusions du Conseil sur d'autres questions tant qu'il n'aurait pas obtenu plus de solidarité des Etats de l'UE face à la crise migratoire.

Autre point d'accord majeur, pour ce qui est des réfugiés qui auraient franchi la mer, les pays de l'UE se sont entendus pour créer des centres "contrôlés" sur le sol européen, où le "tri" entre migrants à expulser et bénéficiaires du droit d'asile serait "rapidement" effectué. Ces centres d'accueil de migrants seront répartis dans tous les pays d'Europe volontaires, y compris en Grèce et en Espagne, qui ont toutes deux donné leur accord. "Ce qui est arrivé avec l'Aquarius est intéressant", a fait valoir cette même source en référence à ce navire avec 630 migrants à son bord, à qui l'Italie et Malte avaient refusé l'accostage début juin.

Des centres hors de l'UE Pour réduire au maximum le nombre de bateaux arrivant dans les eaux européennes, les 28 ont accepté de se pencher sur la création de "plateformes de débarquement" hors de l'UE pour les migrants secourus en mer, qui "mettrait fin au modèle économique des passeurs". Mais la création de ces lieux, qui seraient dotés de moyens européens, est laissée à la discrétion des Etats membres, et de la même manière le partage de l'accueil devra se faire "sur une base volontaire". Concernant les plateformes de débarquement dans les pays tiers, le chef de la diplomatie marocaine, Nasser Bourita, a déjà fait savoir ce jeudi que son pays rejetait l'idée de tels centres d'accueil hors de l'Union.

Les dirigeants des pays de l'UE ont par ailleurs entériné leur aveu d'échec sur la réforme globale du régime d'asile européen, enlisée depuis deux ans, que ce sommet était à l'origine censé débloquer. Mais au sommet, les divergences se sont révélées encore trop fortes pour modifier cette législation européenne.

La Commission propose de déroger à ce principe en période de crise, avec une répartition obligatoire des demandeurs d'asile depuis leur lieu d'arrivée. Le président albanais s'y est également opposé.